ALGÉRIE
18/01/2019 12h:20 CET | Actualisé 18/01/2019 12h:20 CET

Libertés, migrants, ahmadis: le tableau noir des droits en Algérie selon Human Rights Watch

RYAD KRAMDI via Getty Images

L’organisation mondiale Human Rights Watch (HRW) a dressé un tableau noir de la situation des droits et des libertés en Algérie en 2018, ne relevant “aucune amélioration globale” dans son rapport annuel publié vendredi 18 janvier. 

“Les autorités ont imposé des restrictions à la liberté d’expression et aux libertés d’association et de réunion, ainsi qu’à celle de manifester pacifiquement”, souligne le chapitre sur l’Algérie du document. 

Rappelant les poursuites contre des journalistes, des blogueurs et des activistes, ainsi que la persécution des Ahmadis et les expulsions des migrants “sans respecter le principe de régularité des procédures”, HRW a également noté les atteintes aux libertés de réunion et d’association, en plus des insuffisances légales qui se rapportent aux droits des femmes. 

“Les autorités ont continué de violer régulièrement le droit à la liberté de réunion”, a-t-on affirmé, avec l’appui les exemples des rassemblements empêchés du mouvement Mowatana et les poursuites contre des militants mozabites à Ghardaïa, mais sans noter la répression des manifestations des médecins résidents ou des retraités de l’armée par exemple. 

“L’Algérie continue de poursuivre en justice les membres de la minorité religieuse des Ahmadis pour l’exercice de leur foi. Plus de 315 Ahmadis ont été poursuivis en justice entre juin 2016 et mars 2018”, a expliqué l’organisation non-gouvernementale basée à New York.

Cette dernière a relevé les cas des blogueurs Merzoug Touati et Abdellah Benaoum et celui du militant Salim Yezza, tous poursuivis en justice courant 2018 pour diverses accusations mais après s’être exprimés dans des blogs ou sur les réseaux sociaux. 

Sur les migrants, le rapport a noté les rafles de milliers de Sub-sahariens depuis “au moins décembre 2016”, puis expulsés “par la frontière du Niger ou du Mali, la plupart du temps sans nourriture et avec très peu d’eau.”

Sur les droits des femmes, HRW a rappelé que le code pénal “comporte encore des lacunes qui permettent d’annuler des condamnations ou de réduire les peines si les victimes pardonnent à leurs agresseurs”.

Le document indique également la loi algérienne continue de criminaliser les “actes d’homosexualité”.

L’organisation souligne enfin que le conseil des droits de l’Homme de l’ONU a recommandé à l’Algérie en juillet 2018 d’ouvrir “des enquêtes sérieuses sur les disparitions forcées, mette fin aux expulsions arbitraires et sommaires de migrants et de réfugiés, et accorde davantage de liberté d’expression, de réunion et de religion”.