MAROC
21/10/2019 12h:46 CET

Libertés individuelles: Hajar Raissouni réagit aux prises de position de son oncle Ahmed Raissouni

Ahmed Raissouni “ne deviendra pas libéral pour [ses] beaux yeux”.

FADEL SENNA via Getty Images
(Photo by FADEL SENNA / AFP) (Photo by FADEL SENNA/AFP via Getty Images)

SOCIÉTÉ - La journaliste Hajar Raissouni a réagi aux prises de position de son oncle Ahmed Raissouni, président de l’Union mondiale des oulémas musulmans, qui a publié ce week-end une tribune sur les libertés individuelles.

Dans une publication postée lundi 21 octobre sur sa page Facebook, la jeune femme de 28 ans, récemment graciée par le roi, déclare être stupéfaite que son nom ait été associé à celui de son oncle sur la question des libertés individuelles. “Tout le monde sait que nous avons des positions et avis totalement différents”, écrit-elle. 

Ahmed Raissouni a des positions “qui ne sortent pas du cadre théorique et idéologique (...), que je sois en prison, ou en dehors”, poursuit Hajar Raissouni, confiant que le président de l’Union mondiale des oulémas musulmans “ne deviendra pas libéral pour [ses] beaux yeux”.

La journaliste d’Akhbar Alyaoum fustige la presse à scandale qui finit par “faire tomber des personnalités indépendantes dans le piège”, et qui continue d’associer son nom avec celui de son oncle. Pour elle, le plus “désolant”, c’est que “des activistes, écrivains indépendants, suivent la même voie”, même si certains d’entre eux “l’ont fait de bonne foi”.

Hajar Raissouni finit par remercier toutes les personnes qui l’ont soutenue lors de son arrestation “arbitraire”, et déclare être solidaire de toutes les femmes qui ont subi des violences symboliques, “que ce soit de la part d’Ahmed Raissouni ou d’autres personnes”.

Dans sa tribune, ce dernier accuse notamment certains défenseurs des libertés individuelles d’avoir limité leurs revendications à “des actes immoraux comme l’adultère, l’homosexualité et l’infidélité conjugale”. Il qualifie également de “folles” et “débauchées” des manifestantes qui ont brandi des pancartes lors d’une manifestation de soutien à Hajar Raissouni sur lesquelles elles avaient écrit avoir eu des relations sexuelles et s’être fait avorter.

Rappelons que le roi Mohammed VI a accordé, le 16 octobre, une grâce royale à la journaliste d’Akhbar Al Yaoum Hajar Raissouni, condamnée le 30 septembre dernier à un an de prison ferme par le tribunal de première instance de Rabat pour “avortement illégal” et “relations sexuelles hors mariage”. Le fiancé de la jeune femme, Rifaât Al Amine, un activiste soudanais condamné à la même peine de prison, et le gynécologue Mohammed Belkziz, qui avait écopé de deux ans de prison, ont également été graciés par le souverain ainsi que la secrétaire médicale et l’anesthésiste.