MAGHREB
14/11/2013 07h:54 CET

Le Hezbollah continuera de combattre les rebelles en Syrie, affirme Hassan Nasrallah

Twitter/Sara Hussein
Capture d'images de la chaîne du Hezbollah Al-Manar montrant le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, lors d'un rassemblement de fidèles chiites pour l'Achoura, le 14 novembre 2013 à Beyrouth

Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, indéfectible allié du pouvoir à Damas, a affirmé jeudi que son parti, puissant et armé, poursuivrait son combat contre les rebelles aux côtés de l'armée de Bachar al-Assad.

"Nous avons dit à plusieurs occasions que la présence de nos combattants sur le sol syrien vise à défendre (...) la Syrie qui soutient la résistance (contre Israël). Tant que cette raison existe, notre présence là-bas est justifiée", a lancé le dirigeant chiite devant des dizaines de milliers de personnes à l'occasion de la cérémonie religieuse de l'Achoura, près de Beyrouth.

Hassan Nasrallah apparaissait en public pour le deuxième jour consécutif. Mercredi soir, il a assisté à une réunion publique dans la banlieue sud de Beyrouth, là aussi pour l’Achoura. De crainte d'être assassiné, M. Nasrallah intervient d’habitude par vidéo sur écran géant pour parler à ses partisans. Sa dernière apparition publique remontait au 2 août.

Ces rares apparitions en personne de Hassan Nasrallah, bête noire d'Israël, interviennent alors que les fiefs du parti chiite ont été frappés durant l'été par deux attentats sanglants sans précédent.

"Une mer de gardes du corps devant nous"

"Ceux qui parlent de notre retrait de Syrie comme condition pour former un gouvernement au Liban (sans gouvernement depuis sept mois, ndlr) savent bien qu'il s'agit d'une condition irréalisable", a martelé Hassan Nasrallah.

"Nous ne négocions pas l'existence de la Syrie, celle du Liban (...) pour une poignée de portefeuilles", a-t-il ajouté, alors que le Liban est sans gouvernement en raison des divisions politiques entre le camp du Hezbollah et celui de ses rivaux au sujet de la guerre en Syrie.

Le Hezbollah, seul parti libanais disposant d'un puissant arsenal, affirme que sa lutte aux côtés du régime syrien vise à combattre des "extrémistes" sunnites qui menacent selon lui les minorités religieuses comme les chiites et les chrétiens.

Le chef du Hezbollah s'exprimait devant des dizaines de milliers de chiites libanais descendus dans les rues à l'appel du parti pour commémorer, sous haute sécurité, l'Achoura, la fête religieuse la plus importante pour cette communauté.

LIRE:Aujourd'hui, c'est Achoura. Origines et commémorations

L'Achoura commémore le martyre de Hussein, petit-fils du prophète Mahomet tué au 7e siècle à Kerbala par les troupes du calife omeyyade, un meurtre à l'origine du plus important schisme dans le monde musulman, entre chiites et sunnites.

Hommes, femmes et enfants habillés en noir en signe de deuil ont défilé dans les rues de la banlieue surpeuplée, certains le front ceint d'un bandeau sur lequel est écrit le nom de Hussein.

L'armée libanaise, présente pour la première fois dans la banlieue sud après les attentats, y a déployé ses tanks. Les fiefs du Hezbollah sont considérés comme des "Etats dans l'Etat" par les détracteurs de ce parti qui a parallèlement déployé son puissant service de sécurité à l'occasion d'Achoura.