MAROC
07/05/2018 19h:12 CET

Liban: Le Hezbollah sort renforcé des élections législatives libanaises

Une élection marquée par un fort taux d'abstention.

Aziz Taher / Reuters

LIBAN - On prend (presque) les mêmes et on recommence. Selon Le Monde, la coalition du “8 mars” réunissant notamment le Hezbollah et “le parti de la droite chrétienne du président Michel Aoun, le Courant patriotique libre, est créditée de la majorité des 128 sièges du Parlement”. Une victoire qui conforte encore plus la place du parti chiite, proche de l’Iran et de la Syrie.

Du côté du premier ministre Saad Hariri, son parti “aurait perdu près d’un tiers de ses sièges”, rapporte l’AFP. Selon le politologue  Karim el-Mufti, cité par l’agence de presse, malgré cette chute, il pourrait bien être reconduit au poste de Premier ministre. Saad Hariri dont la démission surprise en novembre 2017, considérée comme étant une tentative d’ingérence de l’Arabie Saoudite au Liban, avait fortement déstabilisé le pays et la communauté internationale. Ce dernier finira par “suspendre” cette démission quelques jours plus tard.

Aziz Taher / Reuters

Fort taux d’abstention

Une élection notamment marquée par une très faible participation, 49,2% selon L’Orient Le Jour, “ainsi que des centaines d’infractions”. Un désintérêt des Libanais en partie causée, selon Le Monde, par la complexité du nouveau mode de scrutin proportionnel mais qui est aussi “le reflet de la désaffection générale des Libanais pour leurs représentants politiques, qu’ils jugent volontiers corrompus et incompétents”.

Une lassitude qui a poussé à la création d’une “coalition alternative”, “Kollouna Watani”, comme le rapporte Le HuffPost France. Si ces derniers ont d’abord annoncé avoir remporté deux sièges à Beyrouth “une première dans l’histoire du pays”, la victoire de la journaliste féministe Joumana Haddad a été démentie par les autorités libanaises, provoquant une large manifestation devant le ministère de l’intérieur, cette dernière pointant du doigt des “irrégularités”.

Hasan Shaaban / Reuters

“C’est facile, si on prend les noms de famille de la classe politique actuelle, la moitié est là depuis l’indépendance du Liban, soit 1943. L’autre moitié est là depuis la fin de la guerre civile, soit 1990”, expliquait Wadih Al-Asmar, un des membres de la coalition au HuffPost France. Une situation une nouvelle fois confirmée par ce scrutin qui a vu la victoire de deux des gendres du chef de l’État, Michel Aoun, rapporte l’AFP.