MAROC
08/11/2018 17h:28 CET | Actualisé 08/11/2018 17h:31 CET

L'hôtel La Mamounia sera officiellement privatisé, selon le gouvernement

L’opération de privatisation conjointe avec la centrale électrique de Tahaddart devrait rapporter 6 milliards de dirhams.

Neil Farrin via Getty Images

PRIVATISATION - La rumeur sur l’éventuelle privatisation du joyau hôtelier marocain La Mamounia à Marrakech se confirme officiellement. C’est le porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé de Relations avec le Parlement et la Société civile, Mustapha El Khalfi, qui en a fait l’annonce, ce jeudi, au point de presse qu’il tient à l’accoutumée à l’issue du conseil de gouvernement. 

A l’ordre du jour de ce dernier, le projet de loi 91-18 modifiant et complétant la loi 39-89 autorisant la privatisation d’établissements publics, adopté par les membres du gouvernement et qui sera bientôt soumis aux deux chambres du Parlement. Sur la liste des établissements visés figurent deux fleurons: l’hôtel marrakchi La Mamounia et la centrale électrique de Tahaddart, se trouvant à 30 kilomètres au sud de Tanger. El Khalfi déclare que cette décision de privatisation concerne des établissements que l’Etat estime avoir “atteint un certain degré de maturité” permettant donc l’ouverture de leurs capitaux sur les acteurs privés. 

L’opération devra rapporter, selon El Khalfi, un pactole de 6 milliards de dirhams. C’est moins que ce que rapportait la privatisation aux gouvernements précédents, fait-il remarquer. Et de citer, à titre de comparaison, le gouvernement de Abdderrahman El Youssoufi qui a récolté 24 milliards de dirhams de la privatisation, et celui de Driss Jettou qui a atteint milliards de dirhams. Quant à celui de Abbas El Fassi, il était similaire à l’actuel et celui de Abdelilah Benkirane était de 7,9 milliards de dirhams. “Depuis le lancement de la privatisation au Maroc, elle a rapporté plus de 115 milliards de dirhams”, précise-t-il.

Le gouvernement a prévu d’employer les recettes de la privatisation dans la réalisation de son ambition de soutien socio-économique, annonce son porte-parole. “Cela représentera le 6e ou le 5e du budget total alloué aux différentes caisses et programmes de soutien estimé à 27 milliards de dirhams”, affirme El Khalfi.

Il n’y a pas d’effet surprise à retenir dans cette nouvelle décision de privatisation. Le ministre insiste sur le fait que cette opération “est prévue depuis longtemps” et que le principe est adopté par le Maroc depuis 1993. Il ne s’agit, ici, que de poursuivre une politique mais avec “une nouvelle vision”.

Si deux établissements étatiques ont été ajoutés à la liste des privatisables, d’autres ont été retirés de la liste de la privatisation. En raison d’une situation juridique liée à des litiges ou à des règlements de contentieux, ou encore à un échec des tentatives de privatisation, celle-ci ne concerne plus cinq sociétés: le Complexe textile de Fès (Cotef), la Société de commercialisation du charbon et du bois “Sococharbo”, CIH Bank, l’usine de fabrication de tuiles et de briques “BTNA” et la Société chérifienne des sels (SCS). S’ajoutent à cette catégorie, deux hôtels: Asmae et Ibn Toumert.

L’hôtel La Mamounia, qui ouvrira ses capitaux, venait à peine d’être sacré “Meilleur Hôtel au Monde” et “Meilleur Hôtel en Afrique” par le magazine Conde Nast Traveler US. Trois années plus tôt, cet hôtel de luxe avait aussi reçu le Prix du Meilleur Hôtel au Monde par Conde Nast UK. Dans un communiqué publié le jour de l’annonce de cette nouvelle distinction, le 9 octobre, La Mamounia s’est dite “fière de porter haut les couleurs du Royaume à travers les valeurs d’hospitalité et d’excellence qu’elle véhicule à travers le monde et qui sont aujourd’hui célébrées”.

Jean Blondin / Reuters