TUNISIE
26/02/2019 16h:34 CET

LGBT en Tunisie: Human Rights Watch condamne l'acharnement contre l'association Shams

Human Rights Watch déplore l'acharnement du gouvernement contre l'association LGBT.

marrio31 via Getty Images

L’ONG Human Rights Watch a déploré, mardi, l’acharnement du gouvernement tunisien contre l’association Shams pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie, menacée de dissolution.

“Le gouvernement tunisien devrait mettre fin à son acharnement contre une association LGBT”, a déclaré HRW, dans un article paru sur son site, mardi.

En effet, en 2016, le secrétaire général du gouvernement a déposé une plainte, accusant l’association d’être en violation avec la loi qui encadre les associations. Le tribunal n’ayant pas relevé d’infractions, la suspension de 30 jours initialement obtenue a été levée.

Le 20 février 2019, le chargé du contentieux de l’Etat a fait appel et une audience est fixée au 1er mars 2019.

Cette audience n’a pas lieu d’être. Selon HRW, “Le gouvernement ne prétend pas que Shams s’est livré à des actes de violence ou a promu l’intolérance ou la haine”, souligne HRW. Par ailleurs, “La justice (lui) avait auparavant reconnu le droit d’agir en toute légalité”.

La loi tunisienne exige des associations qu’elles “respectent les principes de l’État de droit, de démocratie, de pluralité, de transparence, d’égalité et de droits humains”, et “interdit l’incitation à la violence, à la haine, à l’intolérance et à la discrimination fondée sur la religion, le genre ou la région”.

“Si les organisations de défense des droit humains et des minorités sexuelles sont forcées de mettre la clé sous la porte, c’est l’image même de la Tunisie comme sanctuaire de liberté et de démocratie dans la région qui en pâtira”, a averti Amna Guellali, la directrice du bureau de Tunis de Human Rights Watch.

Shams, enregistrée en 2015, défend les droits des minorités sexuelles en Tunisie. Selon sa déclaration de principes, son objectif est de “soutenir matériellement, moralement et psychologiquement les minorités sexuelles, et de faire pression de manière pacifique en faveur d’une réforme des lois discriminatoires envers les homosexuels”.

Par ailleurs, l’appel du gouvernement soutient que les valeurs de l’association ne s’accordent pas “aux valeurs islamiques de la société tunisienne”. Selon cet appel, “la loi tunisienne interdit la création et les activités d’une association qui défend les pratiques homosexuelles”, car cela ne s’alignerait pas à l’article 230 du Code pénal, qui pénalise la sodomie d’une peine de 3 ans.

Ce même Article (230 du Code pénal) que l’association Shams et bien d’autres institutions de la société civile tunisienne condamnent, indigne les défenseurs des droits humains, sans oublier les tests anaux, pratiqués à l’encontre des personnes homosexuelles, et qui servent à détecter, d’une manière inhumaine, la pratique de la sodomie.

“La Tunisie, depuis la révolution, est l’un des rares pays arabes où les organisations LGBT ont pu fonctionner ouvertement (...) Les autorités devraient faciliter l’épanouissement d’une société civile diversifiée  au lieu de chercher à l’entraver” conclut Amna Guellali.

 

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