ALGÉRIE
07/05/2018 12h:39 CET | Actualisé 07/05/2018 18h:04 CET

LFC 2018: Bouteflika contre les taxes, conseil des ministres reporté, Ouyahia doit revoir sa copie

Le Président aurait désapprouvé cette pression fiscale sur les citoyens et les entreprises alors que la situation économique est moins tendue et que les perspectives paraissent moins sombres qu’annoncées par des experts

Ramzi Boudina / Reuters

Le conseil des ministres prévu pour le 09 mai prochain pour examiner le projet de Loi de finances complémentaire (LFC 2018) a été reporté, apprend-on de bonnes sources.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia devra revoir sa copie car la vague d’augmentations de taxes prévue dans le  projet de LFC 2018 n’a pas été du goût du président Abdelaziz Bouteflika. 

Selon nos sources, le Président aurait désapprouvé cette pression fiscale sur les citoyens et les entreprises alors que la situation économique est moins tendue et que les perspectives paraissent moins sombres qu’annoncées par des experts. 

Le Premier ministre aurait été instruit de rester dans le cadre strict d’une LFC destinée à apporter des correctifs pour les secteurs qui en ont exprimé le besoin.

La divulgation des informations sur les hausses des taxes, “une fuite” venant du  gouvernement selon notre source, a déplu au niveau de la Présidence, d’où la décision d’annuler purement et simplement la tenue du Conseil des ministres prévu le mercredi 9 mai 2018. 

De augmentations significatives des droits et taxes relatives à la délivrance du permis de conduire et de la carte grise ont été en effet annoncées dans certains journaux et elles risquaient de porter un nouveau coup au moral des Algériens, déjà fortement impacté par les hausse des prix. Les entreprises également étaient soumises, selon les informations publiées, à de nouvelles taxes parfois très significatives.

Les droits d’examen pour l’obtention du permis de conduire, le droit de timbre pour la délivrance du permis de conduire et de la carte grise, passaient du simple au triple dans certaines catégories.

Le projet prévoyait, selon des sources médias un droit additionnel provisoire (DABS) sur les marchandises importées pour la consommation, fixé entre 60 et 200%. Par ailleurs, il était question également d’imposer des augmentations substantielles des taxes sur l’importation des pièces détachées allant de 200 à 500 %.

Une batterie de mesures destinées à faire face au déséquilibre de la balance des paiements dont l’effet ne peut qu’être impopulaire même si elle est animée de bonnes intentions. Mais la Présidence n’aurait pas apprécié leur caractère brusque voir brutal et a demandé au Premier ministre de refaire sa copie.

Ahmed Ouyahia et son ministre des Finances, Abderrahmane Raouia planchent déjà sur un nouveau projet de LFC en tenant compte des remontrances de la Présidence.

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