MAROC
17/10/2019 13h:48 CET | Actualisé 17/10/2019 14h:41 CET

L'exposition "Trésors de l'islam en Afrique" ouvre ses portes au public

Du 17 octobre au 25 janvier 2020, un voyage spirituel inédit de Tombouctou à Zanzibar.

Cateloy - IMA
Dala'il al-Khayrat, Somalie, 1899, collection Constant Hamès

CULTURE - C’est aujourd’hui que l’exposition “Trésors de l’islam en Afrique de Tombouctou à Zanzibar” ouvre ses portes au public pour un voyage spirituel jusqu’au 25 janvier 2020. L’événement culturel est le fruit d’un partenariat entre l’Académie du royaume du Maroc, l’Institut du monde arabe (IMA), le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports et la Fondation nationale des musées (FNM). Trois lieux à Rabat ont été désignés pour l’accueillir: le musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI), la galerie Bab El Kebir (à la Casbah des Oudayas) et la galerie Bab Rouah. 

L’exposition parcoure 13 siècles d’histoire, avec plus de 250 œuvres d’art patrimoniales et contemporaines alliant art, archéologie, architecture et ethnographie. Une première édition de cette exposition avait été initiée et organisée à Paris du 14 avril au 30 juillet 2017. “Cette deuxième édition ne se veut pas une transportation de la première manifestation, mais une réappropriation visant un large public sur une terre africaine”, a déclaré Abdeljalil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l’Académie du royaume lors de la conférence de presse de présentation de l’exposition, tenue hier à Rabat.

Une exposition qui réaffirme le statut de Rabat, “la cité où toutes les expressions artistiques de l’islam en Afrique”, a-t-il souligné précisant que “s’il y a diversité dans l’art musulman en Afrique, il n’y a qu’un seul islam”. 

Photo Cateloy - IMA
Coran exposé, Mauritanie, XVIIème siècle, collection Constant Hamès

Un constat partagé par Aurélie Clemente-Ruiz, directrice des expositions de l’IMA, qui a expliqué, à l’occasion, que cette exposition “a été complètement repensée, retravaillée pour la présenter à Rabat”. Le nouveau parcours est “enrichi de prêts venus de collections marocaines, publiques et privées, qui place le Maroc au cœur de ce propos avec les œuvres qui sont présentées”. 

Balade dans un passé spirituel

Le but de cette manifestation culturelle est de montrer “comment l’islam est arrivé en Afrique subsaharienne”. Le Maroc représente “l’un des points de départ de cette diffusion”, a rappelé Lahjomri. Parcours en trois axes: les chemins de l’islam, les gestes du sacré et les arts de l’islam au sud du Sahara. Il dévoile, à chaque escale, la riche créativité à travers de laquelle l’islam, au sud du Sahara, s’est exprimé et s’exprime encore, indique le communiqué de presse sur l’événement. 

Dans la première salle du MMVI, “les œuvres exposées retracent la diffusion de l’islam, via certains acteurs-clés, dont les commerçants, les souverains et les Oulémas, a expliqué, pour sa part, Juliette Bouveresse, commissaire de l’exposition. Dans la seconde salle, les pratiques de l’islam sont décortiquées, notamment le soufisme qui caractérise l’Afrique subsaharienne, avec la Tariqa Tijania qui est au cœur du parcours. Enfin, la dernière partie de l’exposition est dédiée aux arts de l’islam, avec une forte présence d’artistes contemporains. 

L’exposition met en exergue “les liens étroits, passés et présents, tissés entre le monde arabo-musulman et l’Afrique subsaharienne et ambitionne d’ouvrir le monde arabe sur les autres cultures et civilisations, avec une approche pédagogique appropriée visant un large public”, indique le communiqué de presse. 

Dans la Casbah des Oudayas, la galerie Bab El Kebir dévoile les architectures plurielles de l’Afrique subsaharienne. Tandis que l’exposition à Bab Rouah se concentre sur l’univers gnaoua et Tijania. 

Rabat, capitale de la Culture

Pour Jack Lang, président de l’IMA, l’histoire de l’Afrique a “ besoin d’une lumière nouvelle, révélant non seulement l’importance de l’écriture et la transmission des savoirs, mais aussi la beauté des monuments de l’islam sur le continent africain”. L’ancien ministre français de la Culture estime que l’exposition porte l’ambition de “lutter contre les idées reçues et d’ouvrir un champ de connaissance encore trop méconnu”. Ce but suscite, d’après lui, “un écho important au Maroc, porte du Sahara”. 

Bellegarde - IMA
Hache de commandant mahdiste, Soudan, 1881.

“Nous devons porter un message de paix, d’un islam religion de tolérance”, confie au HuffPost Maroc Mehdi Qotbi, le président de la FNM, qui argue que cette exposition vient enrichir le parcours de la Biennale de Rabat, en cours en ce moment. Et d’ajouter, que Rabat devient “réellement ce qu’elle devait être: la capitale de la Culture du royaume”, puisqu’aujourd’hui “toutes les places de Rabat, tous les lieux sont investis par la culture, par la lumière”.   

En marge de cette exposition, l’Académie du royaume du Maroc a initié un cycle de conférences pour sensibiliser le grand public aux problématiques culturelles, antérieures et actuelles de l’Afrique. De plus, un séminaire sera organisé pour chaque conférence, avec des doctorants d’universités marocaines. Le cycle s’étale jusqu’à janvier 2020, au rythme d’une conférence par mois, avec l’intervention d’experts, historiens, professeurs et chercheurs.