MAROC
05/03/2019 15h:15 CET

L'exposition "L’Bidaouyates, femmes de Casa" à l'Institut français: un portrait des Casablancaises d'aujourd'hui

Faire le portrait d'une ville au travers de ses habitantes.

Elzévir
"L’Bidaouyates, femmes de Casa".

ART - Du 6 mars au 21 avril, l’Institut Français de Casablanca accueille l’artiste français Elzévir. Invité par l’Institut à travailler sur la saison janvier-mars 2019 dédiée à “la part des femmes”, le peintre-dessinateur a “dé-peint” la capitale économique au travers de ses femmes dans “L’Bidaouyates, femmes de Casa”.

Raconter le quotidien que l’on croise, sans vraiment regarder. Avec ses dessins, Elzévir nous fait découvrir les femmes de Casa comme on ne les a, peut-être, jamais remarquées.

Entre fin septembre et le mois de novembre dernier, muni de son appareil photo, il a arpenté la capitale économique à la recherche de passantes inspirantes. “J’ai pris 300 photos environ”, raconte-t-il au HuffPost Maroc. Choisies selon la lumière, une ombre... “Je ne prends pas de visages. Je prends souvent les passants en photo de dos. Le corps, les codes vestimentaires, parlent beaucoup”, ajoute l’artiste.

Ces photos sont ensuite passées sous son pinceau: les femmes de Casa ont été transformées en portraits sur papier en format presque réel (150x100 cm-Gouache). 14 inconnues qui représentent “l’image publique” des casaouiates seront ainsi exposées à l’Institut. Au travers d’elles, on re-découvre toutes les vibrations de la ville. “On retrouve, par exemple, une jeune fille qui fait du skate et trois femmes voilées avec un bébé. Le mélange entre mode occidental et traditionalisme”, raconte Elzévir. “C’est ce sentiment d’une humanité foisonnante, d’une population vibrante que j’ai tenté de rendre ici”.

Elzévir
Gouache sur papier-150/x100cm-2018

“La deuxième partie de l’exposition représente l’image privée. J’ai réalisé des portraits d’après nature de Casablancaises venues dans mon atelier. L’institut m’a aidé à les trouver”, explique Elzévir. 

Dessiner un lieu au travers de ses habitants

L’oeuvre de l’artiste s’inscrit dans un cheminement commencé dès ses études à l’Institut des Beaux-arts de Saint-Étienne, entre 1984-1989. “Je dessine beaucoup les gens, un peu de paysages, des portraits ou des natures mortes. Je fais aussi beaucoup de peinture, notamment d’après des photos”, raconte l’artiste qui ne sort jamais sans son carnet à dessins.

Comme pour “L’Bidaouyates, femmes de Casa”, Elzévir a photographié de nombreux passants puis transformé ces photos en oeuvres. “J’ai classé ces passants par séries, un peu comme des classes sociales non contraignantes. J’ai une série piscine où on voit des femmes en maillot de bain, une série plage, une série photographes, une série passants avec chiens, passants avec enfants, papys et mamies, une série boubou, des femmes voilées...”, dévoile le peintre. ”Je dresse toujours le portrait d’une ville par les gens que je croise. C’est un regard du quotidien qu’on ne voit plus. On oublie la magie que l’on peut trouver dans ces choses-là”, dit l’artiste qui a adopté la même approche artistique lors de résidences qui l’ont conduit par le passé à Mexico, Guanajuato (Mexique), New Delhi, Pondichéry (Inde) et Marseille (France).

Elzévir
Acrylique sur toile-150/x10cm-2019

Toutes ses oeuvres sont réalisées sur fond blanc ; de quoi laisser plus de place à l’imagination et occulter toute notion d’espace-temps. Les Bidaouyates seront, aujourd’hui, les femmes de Casa. Demain, elles pourront rejoindre la grande collection de Elzévir. Qu’il continuera de faire voyager au travers de ses expositions.

Le vernissage de l’exposition “L’Bidaouyates, femmes de Casa” aura lieu à l’Institut ce 6 mars à 19h30. L’exposition sera présentée en deuxième partie à l’espace d’art et de culture H2/61.26.

Les dernières expositions de Elzévir:

2017 : Villa Tamaris, Centre d’art, “Peintures”, La Seyne sur mer
Galerie Territoires partagés, “Vendredi 2 septembre 2016″ Marseille
Libreria di via Sulis, “Nature morte”, Cagliari, Sardaigne, Italie

2016 : Museo d’arte contemporanea, “Equinozo d’Autunno”, Castello di Rivara, Italie
L’arbre vagabond, édition Cheyne, “Jeudi 26 août 2010″, Le chambon/Lignon

2015 : Galerie Le Realgar, “avec mes meilleurs sentiments”, Saint Étienne 
Centre d’art contemporain de Saint Restitut, hors les murs “Natures mortes”, Saint Restitut
chiesa santa maria del monastero, centre d’art, “di passagio”, Manta, Italie

2014 : Galerie le 116art, “Individu” Villefranche/Saône