TUNISIE
03/07/2019 18h:50 CET

L'eurodéputé britannique Magid Magid a eu bien du mal à entrer au Parlement européen

La sécurité du Parlement a demandé à l'ancien maire de Sheffield s'il était perdu et l'a invité à quitter les lieux.

UNION EUROPÉENNE - “Let’s go!”, a tweeté ce mardi 2 juillet le Britannique Magid Magid alors qu’il s’apprêtait à entamer sa première journée d’eurodéputé au Parlement européen, plein d’entrain pour mettre sa pierre à l’édifice d’une “Europe unie qui surmontera le fascisme, les inégalités rampantes et la catastrophe climatique”.

Mais son enthousiasme sera de courte durée, stoppé net par le vigile à l’entrée de l’hémicycle strasbourgeois.

Quatre heures plus tard, un nouveau tweet de cet élu écologiste le montre en effet dehors, assis sur une chaise avec un air affligé. La raison? Il a été, dans un premier temps, refoulé du Parlement de l’Union européenne par un vigile qui n’avait pas compris qu’il avait devant lui un député.

En commentaire de sa photo, on peut lire: “Ta tête quand on te demande si tu es perdu et qu’on t’invite à quitter les lieux le premier jour de ton travail.”

“Je sais, je suis visiblement différent et je n’ai pas le privilège de pouvoir cacher mon identité. Je suis NOIR et mon nom est Magid. Je n’ai pas l’intention de rentrer dans des cases. Habituez-vous-y!”, prévient-il, lui qui a donc fini par bien entrer à l’intérieur du Parlement.

Magid Magid a immédiatement reçu des soutiens sur Twitter.

“Cela en dit long sur ce à quoi le politique stéréotypé est censé ressembler”, constate encore Magid Magid. C’est-à-dire, tout son inverse pour lui qui est jeune (29 ans), noir et pas vraiment adepte du costume-cravate mais plutôt des T-shirts à slogan. Ce mardi, c’était un “F**K FASCISM” qui s’affichait sur son T-shirt noir. 

À la tête de la ville de Sheffield, dans le nord de l’Angleterre, entre mai 2018 et mai 2019 soit jusqu’à son élection aux européennes, Magid Magid n’a pas que son look qui sort de l’ordinaire technocratique de l’UE.

Originaire de Somalie, il a débarqué à 5 ans à Sheffield après avoir quitté un camp de réfugiés éthiopiens avec sa mère et ses cinq frères et sœurs. Féru de montagne, il gravit le Kilimandjaro à 17 ans dans un voyage en solitaire. Et sans limites dans ses ambitions, une dizaine d’années plus tard en mai 2018, il devient maire de sa ville de 565.000 habitants pour un an, avant d’être élu eurodéputé en mai 2019.

Souvent qualifié de maire “le plus cool” de Grande-Bretagne, sa photo officielle post-élection était devenue virale. Il y posait accroupi sur les escaliers de la mairie.

Autre coup d’éclat: en juillet 2018, il avait décidé de “bannir” Donald Trump de sa ville alors que le président américain était en visite au Royaume-Uni. À la place, annonçait-il dans une vidéo avec un chapeau mexicain vissé sur la tête, il a organisé une journée de solidarité avec les migrants d’Amérique du Sud.

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