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13/07/2019 19h:08 CET | Actualisé 13/07/2019 19h:08 CET

Lettre ouverte au President de la République: Sortez par la grande porte!

Le dernier rempart à cette loi est Béji Caïd Essebsi, le premier président de la République Tunisienne élu par le peuple, et c’est son devoir de protéger cette démocratie.

Zoubeir Souissi / Reuters

La nouvelle loi électorale prévoyant d’exclure Nabil Karoui, Olfa Terras et éventuellement d’autres candidats à la présidence, a été votée à l’ARP le 18 juin 2019 et approuvée il y a quelques jours par l’Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi.

Cette nouvelle loi est foncièrement anti-démocratique, de par son caractère rétroactif,  de par son timing (intervenant à quelques mois des élections législatives et présidentielles) et de par le précédent que cette loi va laisser.

Le dernier rempart à cette loi est Béji Caïd Essebsi, le premier président de la République Tunisienne élu par le peuple, et c’est son devoir de protéger cette démocratie.

Pour faire cela, il a deux possibilités:

  • Le renvoi de la loi devant le parlement.

  • L’organisation d’un référendum.

Évidement, les deux solutions comprennent des risques.

  • Le renvoi de l’amendement du code électorale devant le parlement nécessitera 132 voix pour être de nouveau adopté. A noter, que le projet d’amendement est passé avec 128 voix. Le risque est donc que l’ARP approuve cet amendement une deuxième fois, malgré la mobilisation et les réactions nombreuses des dernières semaines.

  • L’organisation d’un référendum semble être une difficulté technique. Néanmoins, cette année est déjà électorale de par l’arrivée prochaine des présidentielles et des législatives. Un troisième scrutin ne demandera pas de préparatifs supplémentaires.

Mais il est nécessaire de refuser cette loi, Monsieur le Président. L’homme de droit que vous êtes ne peut pas cautionner le simplisme de “la fin justifie les moyens”

Nabil Karoui a le droit de se présenter.

Olfa Terras a le droit de se présenter.

C’est aux électeurs de choisir et non à un groupe parlementaire et des alliés, qui refusent de céder le pouvoir.

Imaginons, uniquement, le précédent que ça pourrait laisser. C’est d’un danger que vous avez combattu auparavant: celui de la mise en péril des principes démocratiques.

Je n’ai une quelconque légitimité pour m’adresser à vous, je ne suis qu’un électeur qui souhaite avoir l’entièreté des choix et non celui restreint. Je ne veux pas voter utile, je veux voter!

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