TUNISIE
18/01/2019 15h:16 CET

L'État devrait diviser par deux le nombre de fonctionnaires, estime le président de la CONECT, Tarek Cherif

"700 mille fonctionnaires, c'est insoutenable pour la Tunisie. l'Etat ne pourra plus les prendre en charge dans les années à venir. La Tunisie peut très bien fonctionner avec la moitié de ses fonctionnaires."

Invité dans la matinale d’Express FM, le directeur de la Confédération des Entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), Tarek Cherif, a souligné la nécessité de réduire la masse salariale de la fonction publique en Tunisie, car selon lui, le fardeau est énorme pour l’Etat.

Cherif estime que l’Etat est obligé de s’endetter chaque année encore plus, car il ne crée pas assez de richesses pour combler les charges, en particulier celle de la masse salariale.

“700 mille fonctionnaires c’est trop, insoutenable pour la Tunisie. L’Etat ne pourra jamais supporter ce nombre dans les années à venir, quand on voit ses revenus.”

Il considère par ailleurs que le nombre ne devrait pas dépasser les 350 à 400 mille fonctionnaires. “La Tunisie ne peut pas fonctionner avec plus de 350 mille fonctionnaires, 400 mille tout au plus.”

Pour cela, Tarek Cherif recommande la reconversion des fonctionnaires concernés dans une autre activité, notamment dans le privé, ce qui permettra, dit-il, de créer plus de valeur, tout en s’assurant que l’Etat leur verse toutes les indemnités nécessaires.

D’après lui, il faut également cesser d’orienter les jeunes, élèves et étudiants, vers une carrière dans la fonction publique, laquelle ne sera plus en mesure de supporter trop de recrutements.

Le président de la Conect a aussi insisté sur l’importance d’intensifier les partenariats public-privé, une approche à même de booster l’économie et réduire le taux de chômage selon lui.

En ce qui concerne la grève générale observée hier, Cherif estime que les retombées négatives de celle-ci sur l’image de la Tunisie et son économie sont énormes, affirmant qu’elle symbolise un échec partagé par tout le monde.

La grève générale de la fonction publique et du secteur public observée hier sur tout le territoire tunisien avait mobilisé près de 90% des adhérents de la centrale syndicale, après l’échec d’une série de réunion de négociations avec le gouvernement, qui se sont poursuivies jusqu’au 15 janvier 2019.

Le trafic aérien a alors été durement touché par la grève, où une grande partie des vols avaient été annulés.

Plusieurs organisations de la société civile et de structures syndicales ont d’ailleurs exprimé leur soutien à la grève, à l’instar de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), l’Ordre national des avocats, ou encore le Syndicat national des huissiers.

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