MAROC
23/08/2018 14h:24 CET | Actualisé 23/08/2018 14h:26 CET

L'Espagne ordonne le renvoi vers le Maroc des migrants qui ont forcé la clôture de Sebta

Hier, une centaine de migrants ont franchi la frontière de l'enclave espagnole.

JOAQUIN SANCHEZ via Getty Images

IMMIGRATION - Le gouvernement espagnol a recouru, ce jeudi 23 août, à l’accord de circulation et de réadmission des étrangers signé entre l’Espagne et le Maroc en 1992 pour ordonner le retour d’au moins quarante des migrants entrés dans l’enclave espagnole de Sebta mercredi matin après avoir franchi illégalement la barrière frontalière.

Selon des sources citées par le média local Ceuta Actualidad, le processus se poursuivra jusqu’à ce que tous les migrants subsahariens qui sont arrivés à Sebta mercredi rentrent au Maroc, à l’exception des mineurs.

Les migrants ont reçu une assistance juridique dans les bureaux de la police nationale, précise le quotidien espagnol.

Sur Twitter, la militante espagnole pour le droits des migrants, Helena Maleno, qui travaille notamment auprès des candidats à l’émigration clandestine aux frontières maroco-espagnoles, a également alerté sur l’expulsion vers le Maroc des migrants arrivés hier à Sebta:

“URGENT: Les migrants qui ont pris d’assaut hier la frontière de Ceuta ont été remis au Maroc lors d’une expulsion collective. L’ONU l’interdit, le gouvernement espagnol l’applique”

Le gouvernement espagnol a eu recours à l’accord sur le retour des migrants signé le 13 février 1992 par l’ancien ministre espagnol de l’Intérieur, José Luis Corcuera Cuesta, et son homologue marocain de l’époque, Driss Basri, rappelle Ceuta Actualidad. Selon l’accord, les autorités frontalières marocaines réadmettent “les ressortissants de pays tiers entrés illégalement” sur le territoire espagnol.

Mercredi 22 août au matin, environ 300 migrants d’origine subsaharienne ont pris d’assaut la clôture frontalière faite de fils barbelés de six mètres de haut entre le Maroc et l’enclave espagnole de Sebta. Une partie d’entre eux ont été arrêtés par les forces de l’ordre marocaines, mais 116 autres sont parvenus à passer de l’autre côté de la barrière.

Selon un communiqué de la Guardia Civil, ils ont notamment jeté “des récipients en plastique remplis d’excréments, de sang, de chaux vive et d’acide” sur les gardes-frontières espagnols, parmi lesquels sept ont été blessés. 

Sur Twitter, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a réagi en apportant “tout [son] soutien aux forces de l’ordre qui affrontent de manière exemplaire le défi migratoire, en particulier aux agents blessés” mercredi.

“Tout mon soutien aux forces de l’ordre qui affrontent d’une manière exemplaire le défi migratoire, en particulier aux agents blessés aujourd’hui. Le gouvernement travaille pour le dialogue et la coopération avec les pays d’origine et de transit et pour une gestion commune, efficace et humanitaire de la migration.”

Dans un autre tweet, Helena Maleno fustige la politique migratoire du PSOE, le Parti socialiste ouvrier espagnol dont est issu le chef du gouvernement Pedro Sanchez, qui condamnait il y a quelques mois, lorsqu’il était dans l’opposition, le recours de l’Espagne aux expulsions ”à chaud” de migrants.

“Le PSOE et Pedro Sanchez s’étaient engagés à mettre fin aux retours à chaud lorsqu’ils étaient dans l’opposition. Aujourd’hui, avec cette macro-expulsion, ils font un pas de plus dans la violation des droits de l’homme.”

Le 26 juillet, plus de 600 migrants sont entrés à Sebta, blessant plus de 20 agents de la police espagnole.