MAROC
28/01/2019 10h:41 CET

L'Espagne arrête 5 trafiquants de migrants mineurs après la plainte déposée par un jeune Marocain

Ils sont également soupçonnés d'avoir fait passer de la drogue entre le Maroc et l’Espagne.

Guardia Civil/Capture d'écran/YouTube

IMMIGRATION - La Guardia Civil a démantelé un réseau dédié au trafic de migrants mineurs étrangers. Cette opération, baptisée “Guardería” (“garderie”), s’est soldée par l’arrestation de cinq personnes, deux Marocains et trois Espagnols dont une femme, dans les provinces de Murcie et de Cadix, rapporte El Diario de Cadiz.

Ils sont présumés coupables d’atteintes aux droits des citoyens étrangers et à la santé publique, de détention illégale et d’appartenance à une organisation criminelle. Ils sont également soupçonnés d’avoir fait passer de la drogue entre le Maroc et l’Espagne.

Lors de deux perquisitions à domicile effectuées par la police dans la ville de Puerto Real, 3 kilos de haschisch, 10 téléphones portables, 3 ordinateurs et 3.600 euros ont été saisis.

L’enquête a débuté en août dernier, lorsqu’un mineur de nationalité marocaine a déposé plainte auprès de la Guardia Civil de San Pedro del Pinatar (Murcie) après être arrivé en Espagne par le biais d’une organisation criminelle dédiée à l’introduction de migrants nord-africains, principalement des mineurs.

Selon son témoignage, après avoir été intercepté par les forces de l’ordre sur le territoire espagnol et placé dans un centre de détention pour mineurs d’où il pouvait sortir épisodiquement, il a été approché, avec d’autres mineurs étrangers, par un homme qui leur proposaient de les “ramener chez eux auprès de leur famille” et de “les aider dans tout ce dont ils avaient besoin”.

L’homme les a en fait emmenés dans une grande maison isolée à Puerto Real, où ils ont été détenus pendant plusieurs jours “dans des conditions terribles”, selon le quotidien espagnol, avant d’être transférés en bus vers d’autres provinces espagnoles, notamment à Barcelone, Bilbao, Murcie, Madrid et Grenade.

Selon les enquêteurs, les membres du réseau de trafiquants de migrants ont ensuite contacté les proches des mineurs au Maroc, leur demandant de payer entre 400 et 500 euros pour chacun d’eux comme condition de leur libération.

Après plusieurs mois d’enquête et la découverte des quatre autres membres du réseau de passeurs, la Guardia Civil a pu déterminer que le principal suspect était lié au transfert d’une vingtaine de mineurs marocains de Cadix vers d’autres provinces espagnoles.