19/02/2019 13h:47 CET | Actualisé 19/02/2019 16h:25 CET

Les ventes de Danone toujours plombées par le phénomène de boycott au Maroc

En 2018, le bénéfice net du groupe à baissé suite à la chute des ventes de Danone dans le royaume.

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ECONOMIE - Les effets du boycott de la filiale Centrale Danone continuent de peser sur les bénéfices du géant de l’alimentaire. En 2018, le bénéfice net du groupe a baissé notamment sous l’effet de taux de change défavorables, et ce malgré un chiffre d’affaires en progression, indique Danone, ce mardi, dans un communiqué sur le bilan de l’année passée.

Chutant de 4,1% en 2018, le bénéfice net du groupe passe à 2,35 milliards d’euros, tandis que le chiffre d’affaires stagnait à 24,65 milliards, avec un recul des ventes de 2,1% au quatrième trimestre 2018 plombé notamment par une chute de 35% au Maroc. Sans le boycott, les ventes auraient augmentées de 3,6% en 2018, année durant laquelle l’effet du boycott sur les ventes dans le royaume “a été de -178 millions d’euros par rapport aux ventes de 2017, provenant à deux tiers d’un manque à gagner sur les ventes de lait et à un tiers d’un manque à gagner sur les produits laitiers”, précise le communiqué. 

“Nous retrouvons des parts de marché dans le lait et les produits frais” au Maroc, a expliqué la directrice générale finances Cécile Cabanis lors d’une conférence téléphonique à l’AFP. La DG ne s’attend toutefois pas à un retour de la croissance avant “la fin de l’année” en cours. 

FADEL SENNA via Getty Images

Le Maroc n’est toutefois pas le seul responsable de la crise que traverse Danone. Le pôle nutrition spécialisée (produits pour personnes âgées, malades, ou pour les bébés) a vu ses ventes stagner à 7,1 milliards, tiraillé entre la très bonne performance de la nutrition médicale et le recul de la nutrition infantile, plombée par une chute de 30% des ventes en Chine. Dans ce pays, Danone fait face à une forte crise de la natalité et peine à y vendre ses laits infantiles qui représentent 1,72 milliards d’euros de la branche nutrition spécialisée. La baisse se ralentit tout de même: “Elle était de -10% au quatrième trimestre au lieu de -20% au troisième”, a assuré Mme Cabanis à l’AFP. 

Entre temps, afin d’assurer un bon équilibre financier au Maroc, Centrale Danone travaille désormais de manière “différente” confiait Emmanuel Fabre, le PDG du groupe lors de sa visite à Casablanca en septembre dernier, notamment en supprimant toutes les dépenses marketing sur le lait frais pasteurisé et en initiant des “plans d’optimisation des dépenses”. “Nous analyserons la viabilité de ce nouveau modèle économique et continuerons de nous adapter au mieux, avec notre organisation, en fonction du niveau de la reprise des ventes”, assurait encore le patron de Danone.