ALGÉRIE
11/10/2018 10h:37 CET

Les universités US punissent sévèrement le boycott des universités israéliennes

Pour avoir refusé de rédiger une lettre de recommandation pour un étudiant désirant étudier à Tel Aviv, John Cheney-Lippold a été privé d’une majoration de son salaire ainsi que de son congé sabbatique. Le boycott académique d’Israël est une des actions à laquelle appelle le Mouvement Boycott-Désinvestissement-Sanction et qu’il justifie par la "complicité" des universités israéliennes avec l’armée israélienne.

Rebecca Cook / Reuters

Un enseignant à l’université du Michigan, aux Etats-Unis, a été sanctionné pour avoir refusé de rédiger une lettre de recommandation pour un étudiant désirant étudier en Israël et ainsi affiché son adhésion à l’appel au boycott des universités israéliennes lancé par le Mouvement Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) qui œuvre à élargir la mobilisation contre l’occupation israélienne des terres palestiniennes.

Selon le Detroit Metro Times, qui a rapporté l’information, il a été notifié à John Cheney-Lippold qu’il sera privé en 2018-2019 d’une “majoration liée au mérite” de son salaire et ne pourra pas prendre son congé sabbatique comme prévu, en janvier 2018, ni, pendant deux ans, en prendre un autre.

L’Université du Michigan a exprimé, dans une déclaration publiée le 9 octobre dernier, son inquiétude devant ce qu’elle a appelé des “incidents antisémites”. Elle a énuméré parmi ces “incidents” le refus d’établir des lettres de recommandation pour des étudiants désirant poursuivre leurs études dans l’Etat d’Israël.

Le Detroit Metro Times, un hebdomadaire de gauche, rapporte, dans le même article, qu’un peu plus tôt ce mois-ci, un étudiant en post-graduation à l’université du Michigan s’est vu refuser par un autre enseignant une lettre de recommandation pour une université israélienne.

Un boycott qui s’étend

Le boycott académique est une des formes de boycott d’Israël à laquelle appelle le BDS. Il est suivi, selon le site web de ce mouvement, par des milliers d’universitaires aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Suède, en Irlande, en Belgique, en Italie, au Brésil, en Afrique du Sud et en Inde.

Aux Etats-Unis, le boycott académique d’Israël, appliqué par certains universitaires, est rejeté par les autorités de plusieurs importantes universités.

Le Mouvement BSD justifie le boycott des universités israéliennes par le fait que “des décennies durant, elles ont joué un rôle-clé dans la planification, la mise en œuvre et la justification de l’occupation israélienne et des politiques d’apartheid” de l’Etat hébreu.

Le BDS dénonce des “universités complices” avec l’armée israélienne

Sur son site web, le BDS accuse les universités israéliennes de complicité avec l’armée israélienne et non seulement avec les autorités politiques d’Israël. L’Université de Tel Aviv - que les deux enseignants de l’Université du Michigan ont boycottée en refusant de rédiger des lettres de recommandation pour des étudiants désirant s’y inscrire – est, entre autres, clouée au pilori : ”[Elle a développé des dizaines de systèmes d’armement, ainsi que la ‘Dahiya doctrine’, recommandant l’usage disproportionné de la force, que l’armée israélienne a appliquée pour commettre des crimes de guerre contre les civils palestiniens et libanais”.

Le nom “Dahiya Doctrine”, pour rappel, fait référence aux violents bombardements israéliens en 2006 contre la “al-Dahiya”, une banlieue populaire de Beyrouth où se trouvait le siège du mouvement islamiste d’obédience chiite, le Hezbollah.

Le BDS énumère d’autres faits de “complicité” des universités israéliennes avec l’armée de l’Etat d’Israël. L’Institut israélien de technologie (Technion), affirme-t-il, a “joué un rôle important dans construction et la surveillance du mur de séparation”, déclaré illégal, en 2004, par la cour internationale de justice, tandis que les étudiants du programme militaire Talpiot “suivent leurs études tout en servant dans l’armée et exploitent leur expertise” dans leurs recherches.

Se défendant contre les accusations de ses adversaires, le BDS rappelle qu’il s’oppose à toute forme de racisme, à l’antisémitisme comme à l’islamophobie. Pour lui, le “boycott institutionnel” auquel appellent les Palestiniens ne signifie pas un “boycott de personnes basé sur leur identité ou leur simple affiliation à une université complice [des politiques israéliennes envers les Palestiniens]”.

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