TUNISIE
16/11/2018 12h:12 CET | Actualisé 16/11/2018 12h:23 CET

Les Tunisiens recourent de plus en plus aux crédits bancaires selon l'Institut National de la Consommation

Le niveau de l’épargne des ménages tunisiens a baissé quant à lui de plus de 50%.

Zoubeir Souissi / Reuters

Entre la baisse du pouvoir d’achat et les changements du comportement du consommateur, le citoyen tunisien recourt de plus en plus aux crédits bancaires affirme le directeur de l’Institut National de la Consommation Tarek Ben Jazia.

“La dette des ménages auprès des banques tunisiennes a explosé. Le montant dû par les ménages aux banques tunisiennes jusqu’à juin 2018 s’élève à 23,3 milliards de dinars, soit une hausse de 117% depuis 2010” a-t-il avancé.

Concernant les types de crédits octroyés par les banques aux consommateurs tunisiens, l’on retrouve en premier lieu les crédits immobiliers, qui s’élèvent à 10,6 milliards de dinars, suivis des crédits pour travaux d’amélioration de l’habitat: “Mais pour ces derniers, ils sont souvent utilisés pour la consommation”.

Les crédits à la consommation atteignent eux 3 milliards de dinars: “Ce sont des crédits à court terme de 3; 5 et 10 mille dinars pour des dépenses courantes”.

 

Le recours des Tunisiens aux crédits se voit essentiellement durant deux périodes clés de l’année: les mois de juin-juillet-août en été et le mois de décembre en hiver. “Les personnes consomment plus durant ces périodes” commente le directeur de l’INC.

Selon Tarek Ben Jazia, durant le premier semestre de 2018, il y a eu moins de recours à des crédits de consommation par les Tunisiens: “Cela s’explique par les procédures prises par la Banque centrale qui a augmenté les taux d’intérêts” explique-t-il.

Un autre phénomène a vu le jour ces dernières années dans le comportement du consommateur tunisien: La consommation par anticipation. “Face à la hausse des prix, le consommateur se résout à prendre un crédit (...) Il se dit qu’il vaut mieux par exemple prendre un crédit pour acheter une maison aujourd’hui que de l’acheter à l’avenir (...) il anticipe donc une hausse des prix à venir” affirme Ben Jazia.

Pour lui, contrairement à ce qui était prévu, les habitudes de consommation des tunisiens n’ont pas changé malgré cette hausse des prix, “d’ailleurs la croissance économique aujourd’hui en Tunisie est essentiellement basée sur la consommation”.

Cela se répercute selon le directeur de l’INC sur l’épargne: “Aujourd’hui, le niveau de l’épargne des ménages tunisiens a baissé de plus de 50%”; le citoyen n’ayant plus les moyens d’épargner de l’argent.

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