TUNISIE
20/04/2018 19h:06 CET

Les Tunisiens de la "Génération Y", comment perçoivent-ils la vie? "Generation What?" vous donne une large idée

66% se déclarent indifférents à la politique et se disent “pouvoir être heureux sans infos ni actualités”

PeopleImages via Getty Images

Generation What est une enquête qui étudie le comportement des jeunes de 18 à 34 ans à travers le monde, ou ce qui est également appelé la “Génération Y”.

La Tunisie vient de rejoindre ce programme interactif qui par le biais de questionnaires en lignes et de reportages, dresse le portrait des jeunes sur plusieurs aspects. Leurs états d’esprit et leurs perceptions de la vie sont ainsi exposés sur le site web de l’enquête, à travers différentes illustrations et vidéos.

Les résultats se révèlent divers et variés, et les avis mitigés.

Les différents questionnaires menés auprès de jeunes Tunisiennes et Tunisiens ont porté sur les thèmes suivants :

Nos aînés

Un questionnaire qui essaye de répondre à la question “Y a t-il aujourd’hui un conflit générationnel?”

Ainsi, 75% s’accordent à dire que les générations précédentes sont responsables des difficultés des jeunes d’aujourd’hui, plus de la moitié des sondés (58%) estime qu’ “Il y a trop de vieux”, et 65% estiment qu’en période de fort chômage, les emplois devraient être réservés en priorité aux jeunes.

Intimité

Tout ce qui touche aux sujets tabous, à la sexualité et à l’intimité des jeunes.

À ce sujet, 84% pensent que parler de sexe en Tunisie ne devrait pas être un tabou, 63% ont déclaré qu’ils ne peuvent pas être heureux sans sexe, 42% trouvent la pornographie intime, 18% la trouvent dégoûtante, et 15% pensent qu’elle met un peu de “piment” dans les relations de couple.

Sur la question si oui ou non les relations sexuelles avant le mariage devraient être autorisées en Tunisie, 60% se déclarent “Pour” et 40% “Contre”.

L’écrasante majorité, soit 94%, se déclare également choquée que les délinquants sexuels ne sont pas toujours punis par la justice.

Tolérance

Un thème qui s’intéresse à tolérance et l’acceptation de la différence. “Origine ethnique, sociale, religion… Accepter la différence. Jusqu’où tolère-t-on l’autre ?”

S’agissant de la tolérance, 89% trouvent que le voile islamique devrait être un choix personnel, tandis que les autres sont divisés entre ceux qui estiment qu’il doit être obligatoire, et ceux qui pensent qu’il doit être interdit.

90% ne se déclarent pas choqués quand ils voient une femme portant des vêtements moulants, 84% se disent choqués de l’attitude des “mecs qui sifflent les filles dans la rue”, 87% refusent la polygamie, 96% pensent que chacun est libre de vivre ses relations intimes, si elles sont consenties, comme il le souhaite dans son espace privé, et 64% trouvent l’homosexualité “choquante”.

91% des jeunes interrogés s’accordent à dire que l’immigration est une source d’enrichissement culturel.

Tous pourris

Ce thème aborde la place qu’occupe la politique chez les jeunes. “Quasi inexistante dans les prises de décision, comment réagit la jeunesse ? Est-ce « eux contre nous » ? « Bientôt nous, plus eux » ? Ou juste « eux, mais sans nous » ?”

Au sujet de la politique en Tunisie, la moitié des interrogés pense que “quelques hommes politiques sont corrompus”, tandis que l’autre moitié estime qu’il sont “presque tous corrompus”.

66% se déclarent indifférents à la politique et se disent “pouvoir être heureux sans infos ni actualités”, 83% trouvent qu’il y a “trop de fonctionnaires”, 56% n’accordent pas leur confiance aux syndicats, 81% n’ont pas confiance en la police contrairement à l’armée qui bénéficie de la confiance de 75% des sondés.

S’agissant de la confiance accordée à la justice, les avis sont divisés de façon quasi-égale, tandis que pour le cas des médias, seulement 13% leur donnent confiance.

14% seulement accordent leur confiance aux institutions religieuses, et 66% au institutions humanitaires.

43% ne se sont jamais engagés dans la politique et se disent indifférents, contre 13% qui ont déjà pratiqué la politique et apprécient l’expérience.

81% s’accordent à dire que la religion et la politique doivent être séparés, et 84% pensent que “la Finance dirige le monde”.

Accro

Un thème qui veut définir les passions des jeunes aujourd’hui. “Culture, sport, nourriture, internet, lecture... Qu’est-ce qui rend vraiment accro les jeunes Tunisiens ?”

57% des jeunes Tunisiens estiment que le sport est indispensable pour ”être heureux”, 81% déclarent qu’ils n’ont pas besoin de télévision pour vivre heureux, contrairement aux téléphones portables, internet, le cinéma, la musique, les livres, les films et séries TV, qui eux sont pour la plupart indispensables.

Monde arabe

Que représente ”être arabe” pour les jeunes Tunisiens.

52% des jeunes Tunisiens disent se sentir “Arabes”, tandis que 48% ne ressentent pas cette appartenance.

46% se voient comme des citoyens du monde, contre 35% qui se sentent appartenant à la Tunisie, et 13% à leurs ville ou région.

89% n’ont pas confiance dans “le monde arabe”, et 54% estiment que l’union panarabique n’est qu’une “illusion historique”.

41% pensent que la Tunisie devrait ouvrir ses frontières à tout le monde, tandis que 33% l’accordent seulement aux réfugiés des zones de guerre.

71% souhaitent cependant voir une union politique et économique dans le monde arabe.

Adulescente

”être un adulte, c’est quoi ? Et comment y arrive-t-on ?”

Pour plus de la moitié (57%) des interrogés, les années de la vingtaine représentent la plus belle période de la vie.

40% se sentent “plus ou moins adultes”, 28% se déclarent “adultes”, et 18% s’estiment “tout à fait adultes”. 2% se disent par contre “pas du tout adulte”.*

Pour 45% des interrogés, réussir sa vie, c’est avant tout être heureux, alors que 30% accordent plus d’importance à la stabilité professionnelle.

Pour 61% des sondés, être adulte aujourd’hui, c’est avant tout, Etre mûr et responsable.

Mon pays et les autres

Ce thème étudie leur avis sur l’émigration et le fait de quitter son pays pour aller vivre et travailler ailleurs, ainsi que leur degré de patriotisme.

85% se déclarent prêts à se battre pour la Tunisie en cas de guerre.

56% choisissent la préservation de l’environnement au détriment du développement économique, si jamais conflit il y a entre les deux.

70% disent par ailleurs ressentir les effets du colonialisme européen.

65% sont d’accord pour dire qu’en période de fort chômage, les emplois devraient être réservés en priorité aux nationaux.

Sur la question de l’émigration, 40% estiment que les gens qui émigrent sont modernes, et que tout le monde devrait choisir où il souhaite vivre, alors que 31% sont d’accord avec l’émigration seulement si, ils ou elles, pensent revenir en Tunisie un jour.

Inégalités

Leur rapport à l’argent, et leur perception de la pauvreté et la richesse.

À la question “Y a-t-il trop de pauvres?”, 96% ont répondu par l’affirmatif, affirmant que l’argent tient une place trop importante dans la société.

81% trouvent que les impôts sont nombreux, 61% estiment qu’il y a trop de riches, et 82% s’accordent à dire qu’il y a de plus en plus d’inégalités en Tunisie. 

Au travail

Ce thème s’intéresse aux avis des jeunes sur le travail, et s’il est considéré comme un moyen de gagner de l’argent, ou plutôt une opportunité d’ouverture aux gens et un facteur d’épanouissement.

81% se déclarent ne pas pouvoir être heureux sans travail, 66% estiment qu’il faut donner plus de pouvoir aux syndicats, et la majorité pensent que leurs efforts au travail ne sont pas suffisamment récompensés, et qu’ils sont sous-payés.

Pour 62% des interrogés, le travail est avant tout un moyen d’épanouissement.

En crise

Est-ce que les jeunes se sentent affectés par la crise et l’injustice sociale?

55% des jeunes disent pouvoir être heureux avec des problèmes d’argent, 51% estiment que la situation financière au quotidien est “juste bien”, 31% la trouvent “un peu difficile”, 6% la qualifie de “galère”, et 11% se déclarent dans une situation aisée.

54% sont toutefois optimistes et pensent que le niveau de développement du pays s’améliorera durant les 20 prochaines années.

Mes parents et moi

Ce thème étudie la relation qu’entretiennent les jeunes Tunisiens avec leurs parents, de l’adolescence jusqu’à l’âge adulte.

68% déclarent que leurs parents les laissent vivre leurs vie comme ça les arrange, 61% disent que leurs parents font partie de leurs listes d’amis Facebook, alors que 79% ne fument ni boivent devant leurs parents.

85% déclarent que leurs parents sont fiers de leurs parcours et les soutiennent dans leurs choix.

60% n’abordent cependant pas leurs histoires de cœur avec leurs parents.

La majorité qualifie leur relation avec leurs parents de “Cool”.

Fleur bleue

“L’important est-il encore de se marier et d’avoir beaucoup d’enfants ?”

64% ne peuvent pas être heureux sans amour, 30% disent qu’ils ont vécu plusieurs relations amoureuses en même temps, 60% trouvent qu’être en couple sans amour est “inenvisageable”, alors que 28% l’estiment “possible”.

Mariage pour tous

L’importance que les jeunes Tunisiens accordent au mariage, et leur perception du divorce.

51% des sondés estiment pouvoir être heureux sans fonder une famille.

81% trouvent que le divorce est “parfois nécessaire”, tandis que 19% le qualifient de “mal moderne”.

88% s’accordent à dire que le mariage doit être interdit avant l’âge de 18 ans.

Chez 39% des jeunes interrogés, le mariage représente seulement “un bout de papier”, 19% le considèrent comme “une nécessité”.

Pour 19% cela relève du rêve, et 23% ne se sentent pas concernés par le mariage.

Mes valeurs

Que pensent les jeunes Tunisiens des libertés?

Pour 49% des jeunes Tunisiens, boire de l’alcool est “un plaisir”, 15% disent que c’est contraire à leurs valeurs, et 36% se déclarent non concernés et que ça ne les dérange pas que les autres le fassent.

Pour le cas de la drogue, la majorité estime que c’est contraire à leurs valeurs, contre seulement 20% qui le voient comme “un plaisir”.

Féministe

Le thème aborde la sensibilité des jeunes Tunisiens au féminisme, et ce qu’ils pensent des avancées en matière d’égalité homme-femme. 

49% trouvent que le principe de répudier sa femme est “scandaleux”, contre 21% le trouvant “normal” et 27% le considérant comme “pas bien”.

2% le voient comme nécessaire.

Pour 64%, la contraception constitue “un droit fondamental”, et 29% se déclarent indifférents à ce sujet.

Par ailleurs, 56% pensent qu’en Tunisie, on n’est pas loin de l’égalité homme-femme.

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