ALGÉRIE
06/09/2019 11h:44 CET | Actualisé 06/09/2019 11h:51 CET

Les transferts de capitaux algériens vers le Canada en très fortes hausses

Le quotidien canadien Le Devoir lève le voile sur l’important transfert des capitaux de la nomenklatura algérienne vers le Canada. Grâce aux chiffres obtenus auprès du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada, un organisme de surveillance des transferts de plus de 10000 $, Le Devoir affirme qu’entre janvier et juillet derniers, plus de 78,6 millions de dollars ont été transférés au Canada depuis l’Algérie. Cela représente 10 millions de plus que pour l’année 2018, mais également d’une croissance de 50 % des transferts par rapport à 2017 et que les transferts de capitaux en provenance de l’Algérie sont en forte croissance par rapport aux années précédentes.

La valeur moyenne des transferts a également explosé en 2019, pour atteindre 405 195 $ par transaction déclarée, contre 187 900 $ et 157 857 $ respectivement en 2018 et 2017. “Ce montant représente plus de 26 fois le PIB par habitant en Algérie en 2018, confirmant ainsi que ces transferts sont orchestrés principalement par les plus grosses fortunes du pays. Le Québec est le principal point d’entrée de cet argent. La diaspora algérienne au Canada y est particulièrement bien établie”, écrit le quotidien.

 Première alerte en juin

En juin dernier, le député du Nouveau Parti démocratique Pierre-Luc Dusseault avait donné l’alerte en écrivant au ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, pour l’inciter à la plus grande vigilance devant l’augmentation du montant des opérations financières de l’Algérie vers le Canada. “Ces mouvements financiers sont majoritairement faits par la classe politique et dirigeante algérienne actuelle, qui se prépare à un exil imminent”, écrivait-il dans sa lettre. “Le peuple algérien est inquiet que le départ du gouvernement et de ses dirigeants se fasse en amenant avec eux […] des fonds publics dilapidés […]. Ces dirigeants corrompus ne devraient pas pouvoir trouver un refuge au Canada pour ces fonds illégitimes”.

Le quotidien révèle que les mouvements d’argent depuis l’Algérie ne touchent pas uniquement le Canada, mais sont également en croissance vers la France, la Belgique et la Suisse, où “le blanchiment de ces sommes issues possiblement de la corruption passerait principalement par des transactions immobilières”, explique Le Devoir.