MAROC
18/12/2018 14h:15 CET | Actualisé 18/12/2018 14h:23 CET

Les techniciens marocains endossent des gilets jaunes pour faire entendre leurs revendications

Une grève est prévue les 19 et 20 décembre.

UMTEC/Facebook

COLÈRE - Depuis ce lundi 17 décembre, les techniciens du secteur public, du semi-public et des collectivités territoriales s’inspirent de la France pour faire entendre leurs revendications. Durant une semaine, l’Union Marocaine des Techniciens (UMTEC) appelle les techniciens à porter des gilets jaunes durant les heures de travail pour la “semaine de la colère”.

Ils veulent notamment se faire entendre par le gouvernement sur plusieurs points, comme l’amélioration de leur situation (salaires et conditions de travail), l’adéquation de leur grade avec leurs diplômes, l’accès aux universités et écoles supérieures pour pouvoir suivre des formations continues, la reconnaissance de leurs droits dans le secteur semi-public et privé, ou encore la révision du régime de la formation et des stages.

“Nous voulions innover, alors nous nous sommes inspirés du mouvement des ‘gilets jaunes’ en France et tous les membres ont adopté l’idée”, explique au HuffPost Maroc le président de l’UMTEC, Khalid El Akhtal. La décision de ce mouvement a été prise par le conseil national de l’Union il y a déjà un mois. “Durant ce rendez-vous, nous avons établi un programme des démarches protestataires que nous allions entreprendre”, ajoute le président. 

UMTEC/Facebook

La première étape est la “semaine de la colère”, qui durera jusqu’à vendredi. “Le port du gilet jaune ne dérange pas dans l’exercice de la fonction. Les responsables avec lesquels travaillent les techniciens respectent leur choix”, indique Khalid El Akhtal. “Nous n’avons pas une idée exacte du nombre de techniciens qui le portent en ce moment. Nous recueillons encore des données à travers le Maroc mais je peux vous assurer qu’ils seraient une centaine à travers les régions”, ajoute-t-il.

La deuxième étape de ce mouvement sera marquée par deux jours de grève. Les 19 et 20 décembre, un arrêt de travail de 48 heures sera observé, “avec des sit-in à travers les régions”, précise le président.

De leur côté, les députés du PAM ont déjà été interpellés au sujet des techniciens. Lors de la séance des questions orales de la Chambre des représentants, ce 17 décembre, le ministre de la Réforme de l’administration et de la Fonction publique, Mohamed Benabdelkader, a estimé nécessaire que les techniciens soient représentés par un syndicat pour que le dialogue soit entamé. 

En effet, l’UMTEC est une association qui représente tous les techniciens à travers les régions qu’ils soient dans le secteur public, dans le semi-public ou dans les collectivités territoriales mais elle n’est pas un syndicat. “Nous sommes un organisme indépendant de toute appartenance syndicale et/ou politique. Mais plusieurs de nos membres au sein de l’association ont les leurs, et c’est leur droit. Nos décisions restent toutefois indépendantes”, ajoute El Akhtal. L’UMTEC se dit cependant ouvert à tous ceux qui veulent rallier leur mouvement.