MAROC
10/05/2019 16h:18 CET

Les Tangérois observeront deux sit-in contre la destruction du jardin Mandoubia

"Nous refusons que des parkings prennent la place des jardins"

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ECOLOGIE - Un cri de colère retentit dans l’ancienne médina de Tanger. Des habitants, des associations, des partis politiques et des syndicats s’insurgent contre le retour des engins dans le jardin séculaire de la Mendoubia pour y construire un parking sous-terrain. Des pelleteuses ont été aperçues sur place, ce mercredi 8 mai, suscitant la révolte des militants pour cet espace vert présenté comme “monument” par l’Office marocain du tourisme.

D’après ce dernier, le jardin de la Mendoubia remonte à l’époque où Tanger était zone internationale. “La Mendoubia a été créée pour abriter les bureaux et la résidence du Mendoub, représentant permanent du Sultan (...) Des pavillons de ce prestigieux bâtiment ont servi, en mars 1941, de siège au consulat allemand”, lit-on sur ce portail. Et d’ajouter que “le visiteur sera fasciné, entre autres, par l’architecture des lieux et par un arbre centenaire se situant à l’entrée de la Mendoubia”.

Une histoire que les Tangérois veulent préserver. Une campagne avait été lancée en mars par des “Jeunes pour stopper la destruction des jardins historiques de Tanger”. Après avoir mené des actions de sensibilisation, elle a publié hier un communiqué d’indignation quant à la reprise des travaux dans cet espace vert. Qualifiant ceux-ci “d’attaque surprise”, les initiateurs de la campagne appellent à un sit-in devant la wilaya de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima ce vendredi 10 mai à 22h30. 

“En 2014, une société avait signé avec les autorités de la ville pour créer 6 parking souterrains, dont 4 ont été réalisés, mais pas sur des sites écologiques”, avait déclaré au HuffPost Maroc Nezzar Hasscouri, membre de ce groupe de jeunes à l’origine de la campagne. Ce dernier nous avait précisé, par la même occasion, que les 2 autres projets restants “posaient problème parce qu’ils concernent deux jardins, celui de la Mandoubia, situé sur la place historique du 9 avril, et de la wilaya qui se trouve dans le quartier administratif”.

Ces jeunes affirment, par le biais de leur communiqué, avoir été empêchés par les autorités locales de prendre leur repas du f’tour, hier, dans le jardin de la Mandoubia. “Cette interdiction ne nous a pas été justifiée par écrit ni par la loi”, soulignent-ils dans leur communiqué, réitérant leur engagement de poursuivre leur campagne.

A l’Observatoire pour la protection de l’environnement et des monuments historiques (OPEMH), la reprise des travaux dans ce jardin désormais assiégé et interdit d’accès au public a soulevé un tollé. Sur sa page Facebook, son président, Abdelaziz Janati, met en garde contre “une dérive dangereuse” et un comportement imprudent” en qualifiant les travaux en cours dans ce jardin. L’OPEMH a publié un communiqué dans lequel il exprime à la fois sa colère et son indignation que toutes ses tentatives, lettres, rencontres avec les responsables communaux, pétitions, n’aient finalement servi à rien. 

Son dernier recours: passer aux démarches protestataires. L’observatoire annonce ainsi l’organisation d’un sit-in dimanche 12 mai à 17h dans le jardin de la Mandoubia. Il en fera son ultime appel pour sauver ce jardin.