MAROC
24/05/2019 13h:57 CET

Les syndicats boycottent le dialogue "pas sérieux" avec le ministère de l'Éducation nationale

Reprise imminente des manifestations.

Anadolu Agency via Getty Images

CONFLIT SOCIAL - Sans issue. Le 3e round du dialogue entre le ministère de l’Education nationale et les 5 syndicats (FNE, UMT, FDT, UGTM et CDT) du secteur, programmé hier, n’a pas eu lieu. Se disant insatisfaits depuis le second round du 10 mai, ces syndicats ont fini par boycotter le suivant dont l’ordre du jour devait être consacré aux contractuels. Une décision prise en signe de protestation, déclarent-ils dans un communiqué commun, contre “le mépris et l’indifférence du gouvernement et du ministère de tutelle envers les revendications des fonctionnaires de l’enseignement”. 

En plus du boycott, les syndicats ont par ailleurs décrété un retour aux manifestations ce samedi 25 mai ainsi que le samedi suivant, 1er juin. “Nous appelons les fonctionnaires de l’enseignement à faire de cette nouvelle étape une réussite”, lancent-ils. Un appel à mobilisation sur laquelle comptent ces syndicats convaincus que le dialogue avec le ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, n’est que “simple formalité” et qu’il “n’est pas sérieux”. 

Pour reprendre le dialogue, il faudra aux yeux de ces syndicats que ces rounds “aboutissent à des solutions justes et équitables dans l’ensemble des dossiers soumis au traitement”. D’une seule voix, ils insistent pour cela sur l’importance de garantir ”les conditions nécessaires à la tenue de véritables négociations et à programmer de toute urgence une rencontre afin de discuter de tous les dossiers des fonctionnaires de l’enseignement”. Plusieurs catégories sont concernées, dont les contractuels, “la Cellule 9” et les titulaires de diplômes supérieurs.

Autre argument justifiant cette prise de position, les syndicats disent craindre que le ministère de tutelle soit revenu sur ses engagements du 13 avril et du 10 mai en l’absence “de publication d’une note ou d’un communiqué” rapportant les issues de ces deux premiers rounds liés aux enseignants contractuels des Académies régionales d’éducation et formation (AREF). Ils considèrent que les déclarations sur le sujet du porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, et du chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani faisant de “l’embauche régional” une nécessité, “cherchent à plafonner les revendications légitimes des enseignants contractuels en détruisant le parcours du dialogue et les issues des deux premières réunions”. 

Au gouvernement, ces propos tenus par les syndicats suscitent “la surprise”. Le ministère de l’Education nationale tient à exprimer son “grand étonnement” dans un communiqué dans lequel il dit ne pas comprendre la décision du boycott survenue au moment où il venait de tout mettre en ordre pour la tenue de cette réunion du 23 mai au soir, en présence des représentants de la coordination nationale des enseignants contractuels.     

Le département de tutelle souligne qu’il n’a jamais été question de revenir sur ses engagements. “Nous maintenons nos engagements pris lors de la réunion du 13 avril et plus précisément ceux relatifs à la suspension des mesures administratives et juridiques prises à l’encontre de certains enseignants-cadres des académies”, affirme le ministère. Et de rappeler que le ministre l’a réitéré dans ses déclarations et à travers un communiqué publié par le département à l’issue de cette réunion.   

 Bien plus, le ministère assure qu’il ne cesse de redoubler d’effort en agissant “en coordination avec les différentes parties gouvernementales afin de trouver des solutions adéquates conformément aux issues des deux rencontres du 13 avril et 10 mai”. Le département de Amzazi ne compte pas pour autant renoncer au dialogue, soulignant qu’il agit avec “un sens de responsabilité dans l’intérêt des enseignés et pour la stabilité professionnelle des cadres des académies”. Il poursuivra le dialogue avec ce même objectif.