ALGÉRIE
30/07/2018 14h:19 CET | Actualisé 30/07/2018 14h:20 CET

Les soldes pour qui et pourquoi?

Si les soldes sont en théorie une période pendant laquelle on vide les porte-feuilles, attirés par les promotions et les marchandises neuves, dans les faits ce n’est pas le cas à Alger

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Les soldes ont officiellement débuté le 21 juillet à Alger. Cette période des soldes est attendue par beaucoup pour profiter des bonnes affaires et faire des économies. C’est théoriquement une période où les gens achètent beaucoup. Mais qu’en est-il vraiment ? Que dit cette période sur la santé économique du pays et l’organisation de son commerce interne?

Rien de tel qu’une promenade dans les rues bondées d’Alger Centre pour se rapprocher du phénomène. Les affiches annonçant les soldes arborent les vitrines d’un certain nombre de magasins de la rue Didouche Mourad, notamment les magasins de marque. En effet, la plupart d’entre eux affichent jusqu’à -70% de remises, quand en réalité les articles atteignent péniblement les -40%.

Les vendeuses du magasin de prêt-à-porter Tatou expliquent que dans les faits les réductions ne sont pas tout à fait conformes à l’affichage. “A vrai dire, les remises ne sont pas encore optimales, quelques articles seulement sont à  -70%, on attend les livraisons de cette semaine pour tout solder correctement”.

Quant aux achats des consommateurs, elles affirment que les envies ont bien changé. “Avant les gens achetaient d’ici par nécessité, aujourd’hui tout le monde veut être à la mode, bien s’habiller. On a certaines clientes qui veulent toujours porter les nouvelles collections en premières donc au début des soldes quand on ramène des nouveautés soldés elles achètent beaucoup”.

Cependant, on ne peut pas loger toute la clientèle à la même enseigne, comme l’explique la gérante. “C’est vrai que les jeunes femmes achètent mais il ne faut pas se méprendre, le pouvoir d’achat est en baisse depuis quelques temps on ne vend plus comme avant. Certaines ont certes le budget shopping mais d’autres clientes viennent pour chercher la bonne affaire”.

De plus, les vacances d’été sont sûrement une période privilégiée pour remplir les placards pour la rentrée et l’année scolaire. C’est ce que l’on constate auprès des clientes du prêt-à-porter pour enfant chez Mayoral, franchise d’une marque espagnole, qui profitent des réductions pour acheter les tenues de la fête de l’Aid qui aura lieu fin août mais aussi celles de la rentrée des classes.

Néanmoins, malgré les attentes des clients quant aux remises, les réponses ne sont pas toujours au rendez-vous. Ces dires des clients sont d’ailleurs confirmés par certains vendeurs. Si les grandes affiches rouges des vitrines Profoot indiquent jusqu’à -60%, la vendeuse explique que les remises sont pour la majorité de 10 à 20%, “seuls les petits produits peuvent aller jusqu’à -50%”.

Ces faibles remises rendent le phénomène des soldes moins attrayant et n’incitent pas à la consommation, certaines pratiques pendant cette période vont jusqu’à dissuader certains. Des clients s’indignent de la qualité de la marchandise proposée pendant les soldes qui, selon leurs dires, n’est pas la même que celle d’avant-soldes.

La gérante d’un magasin de chaussures à la rue Ferhat Boussad explique : “Dans les grands magasins comme Bershka où je me suis rendue la semaine dernière, les prix ont été gonflé pour que la marchandise soit vendue plus chère, et comme les gens se prêtent au jeu des soldes, ils ne s’en rendent même pas compte”.

Quant à son petit commerce, aucune pancarte sur les vitrines et pas de remises apparentes. Ce constat s’étend à la quasi-totalité des commerces dans les rues de Meissonnier. Les gérants expliquent que les soldes “c’est beaucoup de paperasse pour pas beaucoup de bénéfices, il n’y a que les grandes marques et ceux qui vendent des produits d’importations qui en tirent profit”. En effet, pour une grande partie, la période des soldes ne change pas la fréquentation comme l’affirme le gérant d’une boutique de prêt-à-porter. “On fait déjà des remises toute l’année. Nos clients ne viennent pas plus que d’habitude quand c’est les soldes. Et à ce sujet, on les commencera sûrement mi-août ou à la fin de l’été. Pour l’instant on doit déjà écouler la marchandise que l’on a ici avant de recommander pour les soldes”.

Si les soldes sont en théorie une période pendant laquelle on vide les porte-feuilles, attirés par les promotions et les marchandises neuves, dans les faits ce n’est pas le cas à Alger. Les commerçants se plaignent d’un manque d’organisation ne commençant pas tous les soldes à la même période, et d’un pouvoir d’achat trop faible pour que les gens puissent acheter en masse.

En somme, bien que l’idée de faire les soldes paraisse attrayante, les conditions, elles, ne semblent pas avantager les Algérois, qu’ils soient commerçants ou consommateurs.

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