MAROC
15/07/2019 16h:08 CET

Les propos sexistes de Adil El Omari lui ont valu une sanction de la HACA

Deux émissions de Radio Mars seront suspendues pour une durée de 15 jours.

Huffpost MG

RÉGULATION - La sanction est tombée pour Radio Mars et son animateur Adil El Omari. Dans un communiqué publié, ce lundi, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) annonce la décision du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) de suspendre la diffusion de la chaîne radio pendant 15 jours, durant l’horaire habituel de l’émission “3oulama d’Mars” ( “Les savants de Mars”) et de ”قضايا رياضية بعيون الجالية” (“Des questions sportives vues par la diaspora”). 

Ce verdict fait suite à l’édition du 4 juillet 2019 de l’émission “3oulama d’Mars” dans laquelle l’animateur de la radio pro sport Adil El Omari s’est acharné sur une auditrice en proférant des propos sexistes à son égard. Alors que l’auditrice  exprimait son avis sur le parcours des Lions de l’Atlas à la Coupe d’Afrique des Nations, l’animateur lui a lancé qu’elle devrait “s’occuper de sa cuisine, regarder les émissions de Choumicha (émission culinaire, ndlr) et s’éloigner du foot et de l’équipe nationale”. Des propos qui ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.  

Ces propos, selon la HACA, enfreignent les dispositions légales et réglementaires en vigueur relatives à la dignité humaine, notamment celles relatives à l’image de la femme et à sa dignité. Ce régulateur estime qu’à travers d’autres propos proférés à l’encontre de la même auditrice, citant en exemple: “Laisse-nous tranquille, va-t’en! Le Maroc n’a pas le temps pour toi, que tu l’encourage ou pas”, l’animateur a porté une atteinte à l’appartenance à la nation et au sentiment citoyen de l’auditrice.

Pour le régulateur, l’animateur a imposé au public du programme ses parti-pris et ses représentations particulières en faveur de l’exclusion de la femme et de la négation de son droit à s’intéresser au fait sportif national. Il a ainsi limité “son rôle aux tâches de cuisine, en minorant indûment son rôle et sa participation sociale, en sous-estimant ses compétences et ses aptitudes et en lui reniant la liberté et le droit d’exprimer son opinion, en tant qu’acteur fondamental dans la société”.

Le CSCA souligne que “malgré la nature interactive de l’émission “3oulama d’Mars”, l’animateur a ordonné, en direct, au service technique de l’émission d’interrompre l’appel de l’un des auditeurs ayant exprimé une opinion divergente de la sienne.“Un comportement qui a été considéré de nature à contribuer à affaiblir la culture du débat et constituant un manquement au respect du pluralisme d’expression des courants d’opinion et de pensée dans les contenus médiatiques”. 

Concernant la seconde émission (diffusée le 7 juillet), le CSCA relève “des expressions de nature péjorative et consacrant une image stéréotypée, dévalorisante et méprisante à l’égard de la pratique et des performances sportives féminines en général”. 

Les sanctions prononcées à l’encontre de Radio Mars ont été décidées après prise en compte du caractère répétitif des manquements relevés concernant l’émission “3oulama d’Mars”, tient à préciser la HACA. Et de rappeler que trois sanctions à l’encontre de la chaîne radio avaient été prises en 2016, 2017 et 2018 pour “non-respect des dispositions légales et réglementaires relatives à la dignité humaine et à l’honnêteté de l’information et des programmes”.

La HACA rappelle, par ailleurs, que le CSCA a pris cette décision suite à une auto-saisine concernant les éditions précitées des deux émissions, et suite également à la réception de plus de 100 plaintes de particuliers, au sujet des éditions du 20 et 21 mai 2019 de l’émission “L3oulama d’Mars”. “En ce qui concerne l’édition du 04 juillet 2019 de cette même émission, la HACA a été destinataire de 20 plaintes de particuliers et d’associations”.