TUNISIE
04/04/2018 19h:55 CET

Les prisons tunisiennes comptent 77 condamnés à mort

L'OCTT déplore des méthodes de torture "très dures" dans les prisons tunisiennes.

sakhorn38 via Getty Images

Ils sont 77 à attendre la fin de leur vie dans le couloir de la mort en Tunisie. D’après le vice-président de l’Organisation Contre la Torture en Tunisie (OCTT), Chokri Letaief, certains nombre de ces détenus sont soumis au régime de l’isolement et subissent des pressions psychologiques, des mauvais traitements et de la torture. Il a rappelé, dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm, que malgré l’amélioration de leur situation par rapport à la période d’avant la révolution notamment par l’octroi de nouveaux privilèges telle que l’autorisation des visites, ces derniers souffrent encore de mauvaises conditions. 

Il a, d’ailleurs, réitéré l’appel de l’OCTT, qui préside la Coalition nationale tunisienne contre la peine de mort, en faveur de l’abolition de la peine capitale, la qualifiant de violation du droit à la vie.

Bien que le pays observe un moratoire sur les exécutions depuis 1991, la peine capitale reste encore un sujet tabou en Tunisie. Le débat sur la peine capitale n’a jamais été réellement posé en Tunisie, pourtant, l’opinion publique semble avoir un avis tranché. Selon un récent sondage de l’institut 3C Etudes, 70% des Tunisiens se déclarent favorables à la peine de mort.

D’ailleurs, la nouvelle loi antiterroriste, adoptée en juillet 2015, a maintenu la peine de mort malgré des appels à l’abolir.

Depuis l’indépendance, la Tunisie a connu 135 exécutions dont 129 sous le règne d’Habib Bourguiba.

Arrivé au pouvoir suite à un coup d’État en 1987, Ben Ali voulait se démarquer de son prédécesseur. Dans une interview accordée au journal Le Monde le 10 septembre 1988, il déclare: “Je ne me vois décidément pas en train de signer un arrêt de mort”. Il en a signé 6 finalement, le dernier en 1991. Le pays observe depuis, un moratoire de fait sur la peine capitale, sans jamais avoir franchi le cap de l’abolition.

Torture dans les prisons: L’OCTT tire la sonnette d’alarme 

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Tunis consacrée à la présentation du rapport annuel 2017 de l’OCTT, la présidente de l’Organisation Radhia Nasraoui a révélé, d’autre part, que 5 cas de décès des suites de la torture ont été enregistrés l’année dernière dans les centres de détention et les prisons tunisiennes.

Elle a, en effet, dénoncé le recours persistant à des méthodes de torture “très dures” dans les prisons et les centres de détention en critiquant notamment le laxisme de l’État et son manque de sérieux pour mettre fin à ce phénomène.

Pour sa part, le secrétaire général de l’OCTT, Mondher Cherni a fait savoir que 79% des plaintes déposées par l’Organisation contre les auteurs de mauvais traitements sont toujours au stade de l’enquête préliminaire.

Selon le rapport de l’OCTT, les postes de police sont classés en tête des lieux où des atteintes sont commises (35%), suivis des prisons (32%) et les lieux publics (24%).

La police est classée en tête des autorités responsables d’atteintes (61%), les prisons (33%) et les districts de la Garde nationale (6%), rapporte la TAP.

 Carte mondiale de la peine de mort 

 

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