TUNISIE
17/09/2018 20h:43 CET | Actualisé 17/09/2018 20h:43 CET

Les primes et les avantages accordés aux maires dévoilés: La polémique enfle sur les réseaux sociaux

C'est exagéré, selon certains.

Zoubeir Souissi / Reuters

Combien gagnent les maires? C’est dans le décret gouvernemental n° 2018-746 du 7 septembre 2018, récemment publié dans le journal officiel de la République tunisienne (JORT), que les chiffres relatifs aux primes et avantages accordés aux présidents des municipalités ont été dévoilés. 

D’après ledit décret portant fixation des critères et montants de l’indemnité et privilèges en nature accordés aux présidents des municipalités, ces derniers bénéficient d’une prime globale au titre de la gestion et du recouvrement des dépenses liées à la responsabilité, au logement et à la représentation.

Le montant mensuel brut de la prime accordé aux maires est tributaire de l’un des critères suivants:

Nombre d’habitants de la commune selon le dernier recensement officiel à la date de l’organisation des élections municipales ou le montant du budget équivalent ou dépassant ses recettes ordinaires durant l’année précédant le mandat municipal (10 MD).

D’après la même source, le montant de la prime est calculé selon les catégories suivantes:
- Catégorie 1 : (municipalités de moins de 10 000 habitants),
- Catégorie 2 : (municipalités de 10 001 à 30 000 habitants),
- Catégorie 3: (municipalités de 30 001 à 100 000 habitants),
- Catégorie 4 (municipalités de 100 001 à 300 000 habitants),
- Catégorie 5 (municipalités de plus de 300 000 habitants).

Ainsi, conformément à ces catégories, le montant de la prime varie de 1.250 à 4.000 dinars pour la prime de gestion, de 150 à 200 dinars pour la prime de responsabilité, de 250 à 500 dinars pour la prime de logement, de 100 à 400 dinars pour la prime de représentation.

À cela s’ajoute, une longue liste d’avantages et de privilèges en nature dont notamment une voiture de fonction dont la puissance varie entre 5 et 9 chevaux, et des bons d’essence dont la valeur oscille entre 240 et 400 litres.  

Facebook/Moez Joudi
Facebook/Moez Joudi

 

De ce fait, après la divulgation des montants des primes, plusieurs se sont amusés à calculer “le salaire” octroyé à la maire de Tunis, Souad Abderrahim. Étant à la tête d’une communauté de plus de 300.000 habitants, cette dernière toucherait ainsi près de 5 mille dinars mensuellement (en brut), et ce sans compter la voiture de fonction d’une puissance de 9 chevaux, des bons d’essence mensuels évalués à 400 litres, ainsi que des frais de communications téléphoniques. 

 

Un salaire faramineux qui, selon certains, ne coïncide pas avec la politique d’austérité menée par le pays. Selon l’économiste Moez Joudi, “ces primes sont exagérées dans le cadre de la crise actuelle.” 

“Le salaire du maire le plus bas (...) dépasse celui d’un professeur universitaire ou un médecin opérant dans la fonction publique” regrette l’expert-comptable Walid Ben Salah.

Alors que d’autres ont estimé qu’il est plus judicieux pour “les parlementaires et les présidents de municipalités de garder leur statut salarial, car il s’agit d’un travail national et non d’une embauche.” 

Réagissant à cette polémique, le maire de Tunis Souad Abderrahim a déclaré dans une interview accordée au journal Acharaa Al Magharibi que son salaire en tant que maire de Tunis ne dépassera pas les 4 mille dinars en écartant les rumeurs largement relayées sur les réseaux sociaux. “Il est impossible qu’un salaire de maire atteigne les 10 mille dinars” a-t-elle soutenu.

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