ALGÉRIE
18/09/2019 11h:24 CET

Les poursuites contre les militants du hirak sont politiques et rappellent les pratiques des années 90 (Bouchachi)

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Maître Mustapha Bouchachi a estimé que les charges et la manière dont les poursuites sont engagées au niveau de la justice contre les activistes du Hirak sont politiquement motivées et rappellent les pratiques des “années 90”. 

L’avocat réagissait à la sortie du tribunal de Birmandreis aux charges “d’atteinte à l’intégrité du territoire national et diffusion de publication de nature à nuire à l’intérêt national”,retenues contre le militant Samir Benlarbi. Me Bouchachi souligne qu’à l’examen du dossier ces charges sont inexistantes et qu’il y a actuellement une volonté politique de poursuivre les activités du hirak en essayant de leur donner un “caractère judiciaire”. 

Ces poursuites contre les militants du Hirak, “outre qu’elles ne respectent pas les procédures” obéissent à , des motivations politiques”.  Il est  “attristant et regrettable” que ces choses arrivent ’en cette “période sensible dans l’histoire du pays” et au moment où le régime qui veut aller vers des élections présidentielles “entrave les libertés et arrête les symboles du hirak.”

Ces “ poursuites et ces mesures nuisent à l’Algérie dans son ensemble” a déclaré l’avocat. “L’histoire retiendra qu’au moment où l’on parle d’aller vers un État de droit et démocratique, on commet ces mesures et ces poursuites et d’une manière qui ressemble à celle des années 90”. 

Pour rappel, les juristes et les militants des droits humaines considèrent que les années 90 ont été marquées par un effondrement des normes judiciaires avec notamment la mise en place des cours spéciales. Les personnes présentées à la justice par les services de sécurité étaient systématiquement poursuivies avec des charges lourdes. Les avocats avaient pris l’habitude de dire à cette époque que leur client a “pris le couffin”, c’est à dire, pratiquement toutes les accusations possibles prévues dans le code pénal.