TUNISIE
10/07/2019 16h:12 CET | Actualisé 10/07/2019 16h:13 CET

"Les positions monopolistiques" freinent le développement économique en Tunisie assure Patrice Bergamini

Dans une interview accordée au journal Le Monde, l'ambassadeur de l'UE en Tunisie déplore les ententes et positions monopolistiques qui freinent l'économie tunisienne.

Universite Europeenne de Tunis

L’ambassadeur de l’Union Européenne Patrice Bergamini a accordé, mardi, une interview au journaliste du journal Le Monde, Fréderic Bobin, au sein de laquelle il a déploré les “positions monopolistiques” freinant le développement de l’économie tunisienne.

Évoquant les avantages de l’Accord de Libre-Échange Complet et Approfondi (ALECA) entre la Tunisie et l’Union Européenne, à travers notamment la “libre concurrence, loyale et transparente” que cela pourra générer entre les “opérateurs tunisiens”, Patrice Bergamini déplore “des positions d’entente, de monopoles” qui entravent l’économie tunisienne et son renouvellement.

“Si l’on doit aider la transition économique, la forcer, la pousser, c’est parce qu’il y a des positions d’entente, de monopoles. Certains groupes familiaux n’ont pas intérêt à ce que de jeunes opérateurs tunisiens s’expriment et percent” a-t-il affirmé ajoutant que parmi les opposants à l’ALECA se trouvent ces personnes en situation monopolistiques.

“Malheureusement, il y a ces rugosités, ces aspérités, qui tiennent à l’ancien temps (...) Il y a encore ces apories-là qui font obstacle à la transparence et à la concurrence loyale. L’Aleca est prise pour cible par ce qu’on craint cela” a-t-il développé indiquant que ces situations monopolistiques aident le marché noir et la corruption à se développer et représentent une menace sur “le progrès du modèle démocratique” tunisien.

“Mais c’est difficile de faire bouger les lignes économiques en Tunisie. Plus difficile que de les faire bouger au niveau sociétal” a-t-il regretté.

Interrogé sur la situation politique du pays en cette année d’élections, l’ambassadeur de l’Union Européenne en Tunisie a affirmé ne pas avoir de “préoccupations” à ce sujet martelant que sa principale préoccupation au sujet de la Tunisie était d’ordre économique.

“Quel que soit le résultat des élections, il va falloir qu’en 2020 quelqu’un soit vraiment en charge à la Kasbah [siège du gouvernement], fixe des priorités stratégiques et économiques claires, et dispose pour les mettre en œuvre d’une majorité stable et solide”, notamment pour faire face aux troubles qui touchent la région.

Pour lui, deux solutions existent après les élections: soit la Tunisie fait évoluer son modèle économique, soit elle garde le même cap, ce qui susciterai “une inquiétude”.

L’ALECA, “bouc-émissaire” de la campagne électorale

Questionné sur les nombreuses critiques émises au sujet de l’ALECA, Patrice Bergamini estime que celles-ci sont dues à la campagne électorale. Les attaques subies par cet Accord sont selon lui “sur des arguments infondés, mal renseignés ou de mauvaise foi” expliquant que celui-ci est un accord “d’arrimage économique, d’intégration économique” permettant “la mise à niveau de l’économie tunisienne”.

Ainsi, cela n’entrainera pas une “libéralisation immédiate des échanges” mais permettra à la Tunisie de choisir à son rythme quels sont les domaines qui seront impactés et selon quel calendrier.

Cet accord qu’il qualifie “d’asymétrique” , permettra de “lever de manière unilatérale les barrières tarifaires douanières pour des produits agricoles tunisiens, décidés par les Tunisiens eux-mêmes” a-t-il indiqué alors que les produits européens semblables seront toujours soumis aux droits de douane en Tunisie.

 Pour l’ambassadeur de l’Union Européenne en Tunisie, l’ALECA est un instrument qui permettra à la Tunisie de réaliser sa transition économique évoquant les “très bonnes intentions de la part de l’Europe à l’endroit du dossier tunisien”.

“On ne veut pas perdre le soldat Tunisie en cours de route” dit-il.

Mardi, plusieurs médias ont annoncé une rupture des négociations entre la Tunisie et l’Union Européenne concernant l’ALECA. Cependant, le ministre du Transport et négociateur en chef de l’ALECA du côté tunisien, Hichem Ben Ahmed a affirmé, “qu’il n’est pas au courant de l’arrêt des négociations”.

De son côté, la présidence du gouvernement à assuré n’avoir aucune information officielle concernant un arrêt ou une suspension des négociations.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Patrice Bergamini sur Le Monde. 

 

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