MAROC
09/11/2018 16h:34 CET

Les petits taxis de Rabat s'organisent pour revendiquer l'augmentation des tarifs

La tarification n'a pas changé depuis 18 ans.

sharrocks via Getty Images

TRANSPORT - Ils veulent des changements. Les petits taxis de Rabat ont décidé d’unir leurs efforts pour porter haut leur voix. “Nous l’espérons! C’est en tout cas la raison pour laquelle nous avons décidé de fédérer les 14 associations et syndicats qui représentent les petits taxis”, déclare au HuffPost Maroc Mohamed Sitchani qui préside la Coalition des associations et syndicats représentant le secteur.

Cette coalition est née à l’issue d’une assemblée constitutive tenue le 4 novembre à la Chambre de commerce et d’industrie à Rabat. Composée d’un bureau de 14 membres représentant chacune des parties liées au secteur, cette coalition s’est penchée, dès sa première semaine, sur l’élaboration du cahier revendicatif des taximen r’batis. “Il est prêt et nous nous apprêtons à le déposer ce vendredi auprès du wali avec la conviction que ce dernier lui accordera l’intérêt qu’il mérite”, souhaite le président de la coalition.

Optimiste, Mohamed Sitchani en fait sa force, car il est conscient que le combat ne sera pas facile. “Cela fait un an que nous travaillons sur la fédération des efforts des associations et syndicats. Nous y étions bien obligés pour qu’il n’y ait plus de divergences ou de conflits entre les professionnels du secteur”, confie-t-il. Eviter aussi que des courants partisans n’interfèrent dans la profession a également justifié la création de cette coalition. “A cause des différends qui nous opposaient, nos revendications sont restées en suspens”, regrette le président de la coalition qui voit dans celle-ci la fin d’une longue discorde entre professionnels.

Bénéficiant à tous, cette coalition a pour mission de défendre leurs intérêts. “Nous avons plusieurs revendications dont l’une des prioritaires est le changement de la tarification qui n’a pas bougé depuis 18 ans. Cela n’est pas en adéquation avec les conditions de vie actuelles et l’augmentation du prix du carburant”, fait-il remarquer. Et d’insister sur les “nombreuses charges” qui pèsent sur les taximen: “un chauffeur de taxi souffre au quotidien surtout lorsqu’en plus des impôts dont il s’acquitte, s’ajoute un crédit pour l’achat de son véhicule”. 

Des dépenses qui, pour cette coalition, légitimeraient une augmentation des tarifs. “D’autant que ces petits taxis sont également victimes de transporteurs clandestins”, ajoute Sitchani, soulignant que la lutte contre “les voleurs de places”, comme les appellent ces professionnels, figure en haut de la liste des revendications qui seront présentées au wali. “Nous espérons que l’administration de tutelle nous donnera raison et ne ménagera pas d’effort pour combattre les transporteurs clandestins”, aspire-t-il.

Le dossier revendicatif ne se limite pas à ces deux points, qui relèvent d’une urgence pour les professionnels. Il en comporte bien d’autres. La coalition cite, dans un communiqué, le renouvellement des véhicules dans un état détérioré afin “de contribuer à l’embellie de la ville”. “Nous voulons adhérer au programme ‘Rabat Ville Lumière, Capitale marocaine de la culture’”, affirme le président de la coalition. Le taxi doit avoir un rôle à jouer dans la dynamique de ce grand projet que ce soit au niveau touristique, économique ou esthétique, estiment ces professionnels. 

Autres revendications: le règlement des problèmes liés aux agréments des taxis dont les propriétaires sont décédés et la mise en place d’une couverture médicale. Celle-ci devrait profiter aux chauffeurs de taxis et à leurs familles mais aussi aux propriétaires des agréments, revendique la coalition.

“Nous attendons une suite favorable à nos revendications. Nous sommes conscients que dans le contexte actuel, des grèves ne sont pas la meilleure décision à prendre”, confie Sitchani en croisant les doigts.