MAROC
01/08/2019 13h:46 CET

Les Pays-Bas interdisent le port de la burqa dès le 1er août

Mais cette loi semble quasiment inapplicable.

AP

LIBERTÉS INDIVIDUELLES - Ce jeudi 1er août, les Pays-Bas rejoignent la liste des pays interdisant la burqa dans les espaces publiques. En effet, le port “des vêtements qui couvrent le visage” est désormais proscrit dans “les établissements d’enseignement, les institutions et les bâtiments publics, dans les hôpitaux et dans les transports en commun”, affirme le ministère néerlandais de l’Intérieur, cité par l’AFP.

Une mesure “sécuritaire”, pour ce dernier, estimant que “dans ces endroits, il est important pour la sécurité publique et pour le bon fonctionnement des services publics que tout le monde puisse se reconnaître et se regarder”, rapporte la même source.

Une mesure qui, selon l’agence de presse, touchera entre 200 et 400 femmes, ce qui représente une minorité très faible dans ce pays de 17 millions d’habitants. 

Le port de la burqa est passible désormais d’amendes allant de 150 à 415 euros, comme l’explique The Guardian. Cependant, il reste toujours permis dans la rue, contrairement à certains pays, comme la France. 

Adoptée, mais quasi impossible à appliquer

Une loi adoptée en 2018 après des années de débat autour du voile intégral, mais dont l’application semble déjà quasi impossible dans le pays. Selon le ministère de l’Intérieur, cité toujours par l’AFP, il incombera “aux employés des écoles, des hôpitaux et des institutions et aux chauffeurs de refuser l’accès à une femme portant un voile intégral ou d’appeler la police”. Cependant, cette mesure met dans l’embarras de nombreux employés de la fonction publique et les professionnels de la santé. La police a notamment partagé sa “gêne” à l’idée refuser l’accès à un commissariat à une femme portant le voile intégral, explique The Guardian.

Un porte-parole de la compagnie de transports RET, Pedro Peters, a, de son côté, affirmé que la loi était “inapplicable”. Ce dernier cite notamment des officiels de police, soulignant que l’interdiction n’étant pas une priorité, toute intervention prendra plus d’une demi-heure. “Ce n’est pas à notre personnel de faire appliquer la loi et distribuer des amendes”, tranche-t-il, cité par The Guardian. 

Plusieurs hôpitaux ont, eux, fait savoir qu’ils “ne refuseraient pas de prodiguer des soins à qui que ce soit, peu importe les vêtements portés”, rapporte l’AFP.