MAROC
22/05/2019 18h:02 CET

Les parents d'élèves espèrent voir les cantines scolaires se généraliser à toutes les écoles marocaines

L'augmentation du budget, c'est bien, mais pas suffisant.

petrograd99 via Getty Images

ÉDUCATION - C’est l’une des mesures phares du bilan social du chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani. Appelé hier à la Chambre des conseillers à présenter la politique de son gouvernement en matière d’éducation et de formation, il a rappelé l’augmentation des bourses des internats et des cantines scolaires à hauteur de 1,47 milliards de dirhams au titre de cette année. Ce qui représente une augmentation de 63% par rapport à l’an dernier. En chiffres, El Othmani précise que dans les internats, ce sont 111.321 élèves qui en profitent, tandis que 1.294.947 autres élèves bénéficient des cantines scolaires au titre de l’année courante. 917 internats sont concernés, dont une majorité, soit 552, dans le milieu rural. 

D’ailleurs, le gouvernement a adopté, au cours de son conseil de jeudi dernier, le projet de décret portant définition des catégories et montants des bourses scolaires destinées aux internats et aux cantines au niveau des établissements publics et les conditions pour en bénéficier. Il y est question, entre autres, de soutenir la scolarisation des élèves issus des familles démunies, surtout dans les zones rurales et semi-urbaines. 

“Nous ne pouvons qu’applaudir une telle mesure et toute initiative au service des élèves”, déclare au HuffPost Maroc le porte-parole de Fédération nationale des associations des parents d’élèves au Maroc (FNAPEM), Hassan Khabous. Pour ce dernier, améliorer l’effort financier au profit des cantines scolaires pour en faire bénéficier la catégorie la plus défavorisée des élèves dans le milieu rural ne peut qu’avoir une incidence positive sur les bénéficiaires. “Mais à la fédération, nous estimons que cette mesure devrait bénéficier à tous”, affirme-t-il, précisant que les élèves de toutes les catégories et les zones de résidence doivent profiter de cette mesure. “La précarité existe dans le milieu rural mais également urbain et surtout périurbain. On ne peut favoriser l’un sur l’autre”, plaide-t-il.

La FNAPEM est convaincue que le gouvernement devra faire plus en la matière et se donner pour objectif de généraliser les cantines “comme autrefois”. “La cantine représente plusieurs aspects sociaux et humains surtout. L’élève se sent pris en considération, sa famille est soulagée d’un fardeau et il apprend le sens du partage en mangeant avec ses semblables”, soutient Hassan Khabous. Et d’insister sur l’intérêt éducatif des cantines scolaires appelées à servir “d’espaces ouverts et non restrictifs”. “Elles doivent couvrir tous ceux qui souhaitent en profiter. Les cantines peuvent contribuer à éviter les retards des élèves, leurs absences et même l’abandon scolaire du moment que l’école prend en charge l’élève à ce niveau pendant toute la période des cours”, estime-t-il. 

Au-delà du côté psychologique et humain, la cantine doit aussi jouer son rôle dans la préservation de la santé de l’élève. “Il faut veiller à ce que les menus servis soient de bonne qualité, nutritifs sur tout point. L’amélioration des budgets ne doit pas se faire au détriment de cette qualité”, met-il en garde.