ALGÉRIE
15/05/2018 12h:20 CET

Les Palestiniens marchent au nom du droit au retour, au lendemain d'une journée sanglante

Une nouvelle journée de manifestations à Gaza. Le droit du retour plus que jamais revendiqué

Mohammed Salem / Reuters

Les Palestiniens se préparent une autre dure journée ce mardi au lendemain de la journée meurtrière ayant fait 60 Palestiniens sous les balles israéliennes.

Les Palestiniens de la bande de Gaza sous blocus et de Cisjordanie occupée commémorent la “Nakba”, la “catastrophe” qu’a représenté à leurs yeux la création de l’Etat d’Israël en 1948 et l’exode de centaines de milliers d’entre eux.

La communauté internationale a continué d’exprimer son inquiétude devant le risque d’une escalade dans une région sous tension. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir à 14H00 GMT, à l’initiative du Koweït.

A travers toute la bande de Gaza, les Palestiniens ont terminé mardi d’enterrer les leurs tués la veille par l’armée israélienne le long de la barrière de séparation, coïncidant avec le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, à quelques dizaines de kilomètres de là.

Tandis qu’officiels israéliens et américains célébraient en grande pompe un jour “historique” et l’alliance entre les deux pays, 60 Palestiniens, dont un grand nombre de mineurs, ont été tués par les snipers israéliens selon un nouveau bilan des autorités gazaouies. En outre, une fillette de huit mois a succombé aux inhalations de gaz lacrymogènes lors des heurts.

Des centaines de personnes ont suivi mardi matin les funérailles de Yazan Tubas, 23 ans. “Je suis heureux que mon fils soit (un) martyr”, a dit son père Ibrahim, 50 ans, sans parvenir à contrôler ses larmes. “Il fait partie de tous ceux qui sont morts pour le bien de la Palestine et de Jérusalem”, a-t-il ajouté, en assurant que son petit-fils Ibrahim prendrait la relève.

“Une génération se lèvera, puis une autre...”

Au moins 2.400 Palestiniens ont été blessés, selon le ministère de la Santé de Gaza. 

Les Gazaouis commencent à prendre la direction de la barrière de sécurité israélienne dans l’après-midi.

Et d’autres manifestations en Cisjordanie

Des manifestations sont également prévues en Cisjordanie, distante de Gaza de quelques dizaines de kilomètres.

Le carnage de lundi a suscité quelques critiques formelles dont des condamnations pour “usage excessif de la force”!

La direction palestinienne a qualifié ce qui s’est passé à Gaza de massacre et la nouvelle massacre américaine à Jérusalem de “clonie”. L’Afrique du Sud et la Turquie ont décidé de rappeler leur ambassadeur. 

Dublin a convoqué l’ambassadeur israélien en Irlande, une première sur ces évènements pour un pays de l’Union européenne. L’UE et Londres ont appelé à la retenue, tout comme Pékin en s’adressant “surtout” à Israël. 

Le président français Emmanuel Macron a “condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants” palestiniens et le Kremlin a exprimé sa “préoccupation la plus profonde”.

Cependant, les Etats-Unis, allié historique d’Israël, ont bloqué lundi l’adoption d’un communiqué du Conseil de sécurité qui entendait exprimer son “indignation” “face à la mort de civils palestiniens exerçant leur droit à manifester pacifiquement”. Amnesty International, un peu plus audacieuse, a évoqué des crimes de guerre.

La bande de Gaza est depuis le 30 mars le théâtre d’une protestation massive appelée “Grande marche du retour”. Elle vise à défendre la revendication des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948. Il s’agit aussi de dénoncer le blocus scélérat imposé depuis plus de dix ans à la bande de Gaza.

Marche du retour

Le mouvement a drainé des dizaines de milliers de Palestiniens, hommes, femmes et enfants, le long de la frontière.
 Depuis le 30 mars, 114 Palestiniens ont été tués, la très grande majorité par les tirs israéliens. Un seul soldat israélien a été blessé.

La “marche du retour” était censée culminer avec les commémorations de la “Nakba”. Mais l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem a mis le feu aux poudres.

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump et le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem ulcère les Palestiniens qui y voient la négation de leur revendications sur Jérusalem, alors qu’ils veulent faire de la partie orientale de la ville occupée par Israël en 1967 la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

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