TUNISIE
16/04/2019 14h:57 CET

Les organisations humanitaires offensées par la CPI et son refus d’enquêter sur les possibles crimes de guerre perpétrés en Afghanistan par l’armée américaine

Donald Trump salue "une victoire internationale majeure" pour les États-Unis.

Vendredi, Donald Trump a honoré la décision de la CPI, une première depuis le début de son mandat, la qualifiant de “victoire internationale majeure” des États-Unis, en réaction à la décision de la Cour Pénale Internationale qui a refusé d’enquêter sur les soupçons de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Afghanistan par les militaires américains.

 

“Les juges ont décidé qu’une enquête sur la situation en Afghanistan à ce stade ne servirait pas les intérêts de la justice”, a déclaré la CPI dans un communiqué.

La Cour a également rejeté l’enquête concernant les présomptions des pratiques tortionnaires pratiquées par la CIA au sein de “prisons secrètes” au temps de l’administration Bush. En 2007, la CPI avait menée une enquête préliminaire lorsque George W. Bush avait autorisé la technique du “Waterboarding”, une pratique qui consiste à torturer la victime en la faisant suffoquer afin d’obtenir des informations.

Ce refus d’enquête de la CPI a été dénoncé par plusieurs organisations humanitaires, qui ont soulignés les pressions subies par les juges de la juridiction internationale par Washington. Karine Bonneau, responsable du bureau de la Fédération des Droits de l’Homme s’exprime, choquée de cette décision à TV5 Monde “C’est une décision qui nous paraît très choquante, la cour a été créée pour répondre à ces situations de crimes massifs qu’aucune juridiction nationale ne poursuit, les juges de la CPI ont cédés aux pressions très fortes de l’administration Trump, qui s’était lancée dans une campagne très agressive contre la CPI pour que les juges n’autorisent pas l’ouverture d’une enquête”.

Même son de cloche du côté d’Amnesty international: “L’Afghanistan est témoin de crimes odieux perpétrés dans l’impunité quasi absolue partout au pays depuis plus de quinze ans. La décision prise aujourd’hui par la CPI constitue un abandon choquant des victimes, qui affaiblira la crédibilité déjà discutable de la Cour”, a déclaré Biraj Patnaik, directeur du programme Asie du Sud d’Amnesty International.

L’ONG Human Rights Watch dénonce quant à elle le fait que “les juges de la CPI ont laissé des considérations politiques l’emporter sur le droit des victimes de voir leurs agresseurs être tenus pour comptables de leurs actes”, voyant en cette décision “une invitation lancée aux gouvernements à entraver l’action de la CPI”.

 

Pour faire pression sur la CPI, le président américain aurait annoncé il y’a environ un mois une restriction de visa à toute personne qui enquêterait sur l’armée américaine et les crimes de guerre présumés en Afghanistan.

L’administration Trump a également révoqué le visa de Fatou Bensouda, la procureure générale de la Cour Pénale Internationale, qui avait précisé en 2017 qu’elle souhaitait ouvrir une enquête sur les soupçons de crime de guerre par l’armée américaine.

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