MAROC
01/07/2019 18h:18 CET

Les opticiens en colère organisent une marche nationale demain à Rabat

Et une grève nationale le même jour.

Syndicat national des opticiens du Maroc

SANTE - Après une série de sit-in et de grèves, les opticiens comptent organiser, demain mardi 2 juillet, une marche nationale. Du siège du ministère de la Santé à celui du Parlement, ils exprimeront leur colère unanime contre “l’injustice envers leur profession”, annonce le Syndicat professionnel national des opticiens du Maroc (SPNOM) qui a décrété également une journée d’arrêt de travail dans le même but.

Dans un communiqué publié, ce lundi, ce dernier dénonce l’amendement de l’article 6 du projet de loi 45.13 relatif à l’exercice des professions de rééducation, de réadaptation et de réhabilitation fonctionnelle. Cet article stipule que “l’opticien lunetier délivre au public des articles d’optiques destinés à corriger ou à protéger la vue”. Il prévoit également que l’opticien “réalise l’adaptation et l’ajustage desdits articles au moyen d’instruments de contrôle nécessaire”. L’amendement que cet article aurait subi a retiré, selon le SPNOM, à la profession de l’opticien toutes “ses attributions reconnues à l’échelle internationale” pour la limiter au “contrôle des instruments optiques”. 

Rappelant que l’exercice de la profession est régi depuis 1954 par un dahir, le syndicat déclare qu’il comptait sur ce projet de loi pour améliorer la profession et non “pour la ramener à l’avant dahir”. Et d’accuser le lobby des médecins ophtalmologues d’être à l’origine de cet amendement qui risque “d’ouvrir la porte à des sociétés qui cherchent à monopoliser le secteur”, qualifiant cette perspective de “complot contre le pouvoir d’achat du citoyen marocain”. 

Le 7 mai dernier, ce syndicat avait décrété une première grève générale pour faire valoir le rôle de l’opticien dans le système de santé. “La formation de l’opticien-optométriste est homologuée au Maroc. L’Université cadi Ayyad délivre d’ailleurs des licences de 3 ans de formation d’optique et d’optométrie”, avait alors déclaré au HuffPost Maroc, Mounir Ghissassi, également vice-président du SPNOM. Et de préciser que l’opticien est bien conscient de son rôle et ne peut empiéter sur celui de l’ophtalmologue. “Entre la pathologie et la fonction, c’est dans celle-ci que se trouve notre champ d’action (...) Mais, nous avons le sentiment d’être asphyxiés par les ophtalmologues”, avait fustigé Ghissassi, estimant que seule “la concurrence, sans plus” animait l’adversaire de l’opticien, l’ophtalmologue. “Dès que nous constatons un problème pathologique, on recommande à la personne d’aller consulter un ophtalmologue. Il n’y a pas lieu d’une concurrence”, nous avait assuré notre interlocuteur.