MAROC
22/02/2019 17h:12 CET

Les ophtalmologistes libéraux dénoncent une campagne de santé visuelle menée par des opticiens dans les aires de repos

"Une campagne publicitaire sponsorisée par une marque de verres correcteurs sous couvert de supposée action sociale”.

AIC Press

SANTE - Au lendemain de son lancement, la campagne baptisée “La sécurité routière dépend de la santé visuelle”, qui se tient du 21 au 23 février sur des aires d’autoroutes, suscite déjà des critiques auprès des professionnels. Le Syndicat national des ophtalmologistes libéraux du Maroc s’insurge ainsi en accusant les opticiens de “pratiquer illégalement la médecine” durant cet événement auquel “aucun ophtalmologiste ne participe”. 

Le syndicat publie un communiqué, ce vendredi, pour remettre en question l’aspect médical de cette campagne estimant qu’elle relève plutôt du “commercial”, soutenant à cet égard qu’il s’agit d’“une campagne publicitaire sponsorisée par une marque de verres correcteurs sous couvert de supposée action sociale”.

AIC Press

Dans son communiqué, le syndicat précise que “l’examen de la vision est un acte médical qui ne peut être réalisé que par un ophtalmologiste ou sous sa supervision”, estimant que les bénéficiaires doivent être avisés du danger pour leur santé. “Nous tenons à attirer l’attention des concitoyens examinés lors de cette manifestation qu’ils ont près de 40% de probabilité d’avoir une pathologie médicale, potentiellement grave et cécitante qui n’aurait pas été diagnostiquée lors de ce prétendu examen de leur vue”. 

Ces spécialistes préviennent qu’il n’est jamais suffisant d’avoir une acuité de 10/10 (avec ou sans correction) pour prétendre disposer d’une bonne santé visuelle.  

Le syndicat ne mâche pas ses mots et annonce avoir saisi les autorités compétentes, à commencer par le ministre de l’Equipement, des Transports, de la Logistique et de l’Eau, en vue que cesse “les tentatives de banalisation des actes médicaux”. 

Cette campagne est organisée par le Syndicat professionnel national des opticiens du Maroc en partenariat avec le Comité national de prévention des accidents de circulation (CNPAC) et deux autres sociétés. Elle se déroule sur les aires de repos Bouznika, Fès, Meknès et Assilah, suite à une autorisation que le CNPAC a accordée, selon la même source, à la société des Autoroutes du Maroc (ADM).