MAROC
16/05/2018 18h:04 CET | Actualisé 16/05/2018 18h:17 CET

Gaza: Les ministres arabes des Affaires étrangères au Caire ce jeudi pour une réunion d'urgence

Suite à la répression israélienne qui a fait 60 morts et 2.500 blessés.

Muammar Awad / Reuters
Au centre, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, en visite à Jérusalem en mars dernier. 

DIPLOMATIE - La réaction est à la mesure de la gravité de la situation. Suite à l’agression israélienne contre le peuple palestinien ce lundi 14 mai et la décision des États-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem, les ministres arabes des Affaires étrangères prévoient une session extraordinaire du conseil de la Ligue des États arabes au Caire, ce jeudi 17 mai.

La réunion, qui intervient sur la demande de l’Arabie Saoudite, présidente en exercice du Sommet arabe, sera l’occasion de prendre une position arabe unifiée contre les crimes dont est victime le peuple palestinien, a déclaré à la presse, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki.

À la demande de la Palestine, la réunion qui doit avoir lieu jeudi sera précédée aujourd’hui par une session extraordinaire au niveau des délégués, afin d’agir contre la décision américaine illégale au sujet du transfert de l’ambassade à Jérusalem.

Quelle est la position du Maroc?

Du côté du Maroc, on déplore ces événements tragiques qui ont coûté la vie à des manifestants civils qui protestaient pacifiquement. Le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a indiqué ce mercredi que le Maroc condamnait vigoureusement l’utilisation excessive de la force contre des civils palestiniens désarmés. Un comportement qu’il juge dangereux et contraire au Droit international. Il appelle désormais au calme et à la fin de ces pratiques d’escalades inacceptables, qui d’après lui, ne font qu’empirer la situation.

Le roi Mohammed VI a également fait part de son point de vue concernant la situation. Après un premier message de mise en garde adressé en décembre dernier au président américain Donald Trump, il a adressé, lundi 14 mai, dans un courrier destiné au président de l’État palestinien Mahmoud Abbas, “sa forte et constante solidarité” envers son peuple “frère”.

Le souverain a réitéré le rejet de cet acte unilatéral et appelle à ne pas lésiner sur les efforts pour mobiliser la communauté internationale “pour que triomphent les droits légitimes du peuple palestinien à l’établissement de son État indépendant avec Al-Qods-Est comme capitale” afin d’oeuvrer à “l’instauration d’une paix juste, durable et globale dans la région du Proche-Orient et garantir à tous les peuples de la région de vivre dans la paix, la stabilité et la convivialité”.

La plus grosse catastrophe depuis la guerre de Gaza

Ce début de semaine signe l’épisode le plus meurtrier de l’histoire du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de Gaza en 2014. Après l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem et la reconnaissance de la ville comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump, le peuple palestinien a manifesté son mécontentement au sein d’affrontements qui ont tourné au bain de sang. En effet, face aux jets de pierres palestiniens, les forces de l’ordre israéliennes ont répliqué à balles réelles. Cette répression sanglante a ainsi causé la mort d’une soixantaine de Palestiniens, dont plusieurs femmes et enfants, et blessé 2.500 personnes.