MAROC
15/04/2019 18h:02 CET

Les militants de l'arabisation de l'enseignement déposent une pétition auprès du chef du gouvernement

250 personnalités connues ont signé.

Soltan Frédéric via Getty Images

PÉTITION - Ils poursuivent leur plaidoyer. A la Coalition nationale pour la langue arabe, si le projet de loi relatif au système de l’éducation, la formation professionnelle et la recherche scientifique n’a pas été voté par le Parlement, le combat pour la langue arabe, lui, ne prend pas fin. 

“Nous avons déposé, ce lundi, une pétition signée par près de 250 personnalités marocaines connues appelant à enseigner en langue arabe”, déclare au HuffPost Maroc, Fouad Abou Ali. Et de citer, entre autres, Abderrahman Benameur, Moulay M’hamed Khalifa, Mohamed Belbachir Hassani, Abdelali Oudghiri et Abdelkader Fassi Fihri. La partie grand public de la pétition compte, elle, des milliers de signatures que la coalition conserve en cas de besoin, affirme notre interlocuteur.

Satisfait, ce militant ne le cache pas, mais tient à préciser que d’autres démarches sont au programme du plaidoyer, car, pour ces militants, rien n’est encore gagné tant que la question ne suscite pas l’unanimité dans les rangs politiques. “L’enseignement en langue arabe fait l’objet d’un débat public très houleux. Cela est vital, certes, mais nous aurions aimé que ce projet de loi soit adopté par le Parlement sans contenir d’allusion aucune à l’alternance linguistique”, précise le président de la coalition. Et ce souhait est bien justifié par ces militants qui qualifient la version actuelle du texte législatif de “putsch” et soutiennent que l’alternance reste “une mesure d’urgence provisoire”.

Cette alternance linguistique est d’autant plus offensante aux yeux de ces militants si le choix de la langue étrangère se porte sur le français. “Ce n’est pas la langue des sciences et les pays francophones, aujourd’hui, ne sont pas un modèle de développement”, soutient Abou Ali. Et de préciser que le plus important pour les militants de l’enseignement en arabe est “de faire prendre conscience aux députés du rôle qu’ils ont à jouer dans la préservation de l’identité marocaine”.  

Au sein des partis de la majorité à la Chambre des représentants, cette alternance linguistique a brisé leur cohésion lorsque le PJD a décidé d’émettre des réserves, après consensus, sur les deux articles du projet de loi (2 et 31) qui traitent de la question. Pour le coordinateur de la majorité au sein de la 1ère Chambre et chef des députés du Mouvement populaire (MP), Mohamed Moubdii, “il n’y a plus de cohésion, donc plus de majorité (...) Le projet de loi pourrait être approuvé mais sous réserve émise par le PJD. Cette possibilité, nous la rejetons parce que nous tenons à ce qu’il y ait un consensus”.

“Nous ne comprenons pas pourquoi autant d’insistance pour qu’il y ait ce consensus”, s’interroge le président de la coalition. Et d’ajouter que plusieurs organismes académiques prennent part au débat et font parvenir à la coalition ses propositions. “Nous sommes ouverts sur toutes les tendances. En ce moment, nous nous préparons à entreprendre de nouvelles démarches, dont un mémorandum sur l’arabisation de l’université”, annonce Abou Ali.

Enseigner en arabe, toutes les matières y compris scientifiques peuvent s’y prêter, soutiennent ces militants. “Des doctorats en mathématiques ont été élaborés et présentés en arabe, des spécialistes travaillent sur cet aspect de la langue arabe et ne demandent qu’à apporter leur contribution”, insiste le président de la coalition.