TUNISIE
21/09/2018 14h:44 CET

Les migrants atteints de VIH en Tunisie: La double stigmatisation

Comment vivent ces migrants en Tunisie, notamment ceux fragilisés par les maladies comme par exemple le VIH?

Jean-Marc Giboux via Getty Images

Le nombre de migrants en Tunisie a augmenté de plus de 90% depuis 2013, selon une étude conduite par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en partenariat avec le Conseil danois des réfugiés (Mixed Migration Monitoring Mechanism 4Mi).

Comment vivent ces migrants en Tunisie, notamment ceux fragilisés par les maladies comme par exemple le VIH? 

En attendant l’adoption de la loi contre la discrimination raciale en Tunisie, l’Association Tunisienne de lutte contre les MST/Sida Tunis (ATL-Tunis) en 
partenariat avec l’Association Mnemty a organisé, le 20 septembre, un atelier de plaidoyer intitulé “Être migrant.e.s dans une Tunisie plurielle”. On y insistait sur l’importance de mettre fin à l’impunité des actes racistes commis de manière récurrente en Tunisie contre les migrants.

Le racisme est doublement désastreux pour les migrants atteints de VIH en Tunisie: “Même pour les Tunisiens, la prise en charge des personnes portant le VIH est problématique, alors pour les migrants, elle l’est encore plus. Ils sont doublement stigmatisés à cause de leur maladie et à cause de leur couleur de peau”, se désole Issam Gritli, de l’ATL, au HuffPost Tunisie

Alors que le droit à la santé est un droit universel, les migrants portant le VIH étaient livrés à eux-mêmes en Tunisie, ce n’est qu’en 2016 qu’ils ont pu avoir le droit de se soigner, mais à condition de ne pas dépasser le quota fixé, en l’occurrence 400 à 500 malades. Cet acquis a été arraché grâce au plaidoyer des associations travaillant auprès de migrants en Tunisie et appuyé par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

“Avant 2016, on intervenait à travers nos médecins bénévoles qui plaidaient pour chaque cas auprès des hôpitaux”, explique Gritli. 

Même avec la normalisation de la situation, ce n’est pas toujours évident. “Beaucoup de migrants irréguliers malades ont peur d’aller dans les hôpitaux, craignant la discrimination ou le rapatriement. Il y aussi la barrière de la langue qui les empêchent de communiquer avec le personnel médical”, souligne le responsable associatif.

Alors que la dépistage et la prise en charge des personnes atteintes de VIH sont gratuites en Tunisie, la méconnaissance des droits perdurent chez les migrants: Sur 307 migrants interrogés sur le VIH, 38,5% des femmes et 61% des hommes pensaient qu’on ne peut pas guérir de la maladie, selon l’étude de l’UNFPA et de Mixed Migration Monitoring Mechanism 4Mi.

Afin de pallier le manque d’information et prévenir également les maladies sexuellement transmissibles et le VIH, l’ATL forme des ”éducateurs pairs” sur ces questions. Ces derniers sont amenés à passer les informations auprès de leur communauté. En Tunisie, les migrants vivent en communauté selon la nationalité. “On essaye de toutes les toucher. 100 éducateurs pairs ont été formés cette année”, précise le représentant d’ATL. 

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