MAROC
26/03/2019 17h:10 CET

Les médecins du privé annoncent une grève nationale pour le 4 avril

Et revendiquent un ordre des médecins privés.

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CONFLIT SOCIAL - Leur patience a des limites. Les médecins du secteur privé, qui avaient menacé de se retirer de la convention de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) à la fin de ce mois-ci, ne l’ont pas fait. “Nous avons toujours accordé des sursis au ministère de la Santé. Mais à présent, sans l’ombre d’une issue, nous passerons à un cap plus catégorique”, déclare au HuffPost Maroc le président de l’Association nationale des cliniques privées (ANCP), Dr. Redouane Semlali.

“Catégoriques”, ces médecins du secteur libéral et des cliniques privées annoncent une grève nationale pour le jeudi 4 avril. Les organismes professionnels et syndicaux représentant le secteur l’ont décrétée à l’issue de leur assemblée tenue hier soir. Dans un communiqué publié ce mardi, l’ANCP, le Collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP), le Collège national des médecins généralistes privés et le Syndicat national des médecins généralistes privés ont expliqué les raisons qui légitiment ce débrayage.

Sur la liste des revendications figurent, entre autres, le coût “exorbitant” du traitement pour le citoyen, le retard de la révision de la convention AMO, l’absence de couverture médicale pour les médecins du privé, ainsi que le besoin d’assainir le secteur de l’exercice illégal de la médecine. “Il faut que le panier de soins soit élargi à tous les actes médicaux. Certains n’existaient pas encore à la signature de la convention de l’AMO en 2006 et ne sont pas pris en compte, aujourd’hui, par la couverture médicale”, fait remarquer le président du CSNMSP, Dr. Saïd Afif. Et d’estimer “urgent que la nomenclature soit revue car, en plus de 10 ans, il n’y a même pas eu assimilation de 4 actes. C’est finalement le citoyen qui supporte les coûts!”. 

L’actualisation de la convention a été sur la table des négociations avec le ministère de la Santé tout de suite après la grève de ces médecins en octobre dernier. “Les négociations avec le fisc ont mieux marché qu’avec le ministère de la Santé et l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) qui jouent au chat et à la souris”, regrette Dr. Afif.

Ces médecins privés se disent déçus par “l’inertie” des départements de tutelle et estiment que seul un cri haut et fort pourrait susciter des échos. “Cela fait une année qu’on négocie et que rien n’évolue. Notre corps médical est prêt à mettre fin à cette convention AMO. Nous déciderons de la date à l’occasion d’une assemblée qui se tiendra après la grève”, précise Dr. Semlali. 

Déterminés à aller cette fois-ci jusqu’au bout, ces médecins veulent une meilleure reconnaissance au sein du secteur médical national et clament le droit de créer leur propre ordre des médecins du secteur privé. “Il est anormal d’avoir, aujourd’hui, un ordre majoritairement composé de médecins du public. Nous y sommes, certes, mais pas en tant que décideurs et notre but est de parvenir à mieux gérer le secteur privé par les médecins privés”, explique le président de l’ANCP. Pas seulement pour assainir le secteur, mais aussi pour développer le cadre juridique qui lui permettra d’évoluer, précise-t-il.