TUNISIE
21/10/2019 09h:06 CET

Les manifestations au Liban expliquées à travers les pancartes

Des dizaines de milliers de Libanais ont manifesté à nouveau le 20 octobre, réclamant le départ d'une classe politique jugée corrompue et accusée d'avoir enfoncé le pays dans une crise sans fin.

INTERNATIONAL - C’est le 4e jour d’un mouvement d’une ampleur inédite. Au Liban, sous une nuée de drapeaux libanais, des foules compactes ont repris les slogans du Printemps arabe qui rythment désormais leur révolte, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article: “Révolution, révolution”, “le peuple veut la chute du régime”. 

Le mouvement, qui paralyse le pays avec la fermeture des banques, des institutions publiques et de nombreux magasins, a démarré de manière spontanée jeudi 17 octobre après l’annonce d’une taxe sur les appels effectués via WhatsApp. Une mesure destinée à renflouer un peu les finances exsangues du pays mais qui a dû être aussitôt annulée sous la pression de la rue.

Voici les différentes pancartes brandies par les manifestants et qui donnent un aperçu de l’étendue des revendications au Liban.

Twitter

“La révolution c’est la vie”

Photo prise sur “The Egg”, “L’Œuf”, un ancien cinéma du centre-ville de Beyrouth détruit pendant la guerre civile. Devenu un symbole du Beyrouth d’avant-guerre, il est régulièrement menacé de destruction.

 

“Rendez l’argent volé”

Photo prise le 18 octobre dans le centre-ville de Beyrouth. La classe politique libanaise est perçue comme largement corrompue et la restitution de l’argent public détourné est l’une des principales revendications des Libanais.

 

“Rendez l’argent volé et lâchez-nous la grappe

(littéralement, “Laissez notre cul tranquille”) 

 

Whatsapp

“Des ordures, de la pollution, des eaux contaminées, des taxes, du vol, de la famine... Que vous faut-il de plus?”

Depuis la fin de la guerre civile, le Liban souffre de carences systémiques en termes d’électricité et d’accès à l’eau. Ajoutée à cela, une crise liée au ramassage des ordures qui avait déjà provoqué des manifestations en 2015. 

 

“Vous avez perdu les principes de l’Imam Sadr.”

Photo prise le 19 octobre dans le village de Borj Qalaouiye, près de Nabatieh (Sud du Liban). Sur la mosaïque, le portrait de Nabih Berri, président chiite du Parlement libanais depuis 1992, est barré. Cet acte symbolise la ras-le-bol des Libanais face à une classe politique inamovible depuis la fin de la guerre civile.

capture d'écran AFP

Petite fille à droite “128 (députés), rien qu’une bande de voleurs”

Et au milieu “Crains-nous, gouvernement”

Photo prise à Tripoli, 20 octobre. Quelques partis politiques libanais exercent un pouvoir hégémonique sur le Parlement et les députés sont régulièrement accusés de corruption.

 “Comparé à vous, il a l’air gentil.”

Facebook

“Ils ne m’accordent pas la nationalité libanaise, mais je me bats quand même pour vous”

Photo prise à Beyrouth. Cette femme fait référence à la loi libanaise qui ne permet pas à une mère de transmettre sa nationalité à ses enfants, s’ils sont d’un père étranger. Seuls les enfants nés d’un père libanais sont éligibles à la citoyenneté libanaise.

Whatsapp

“Le patriarcat tue”

L’image de cette femme qui donne un coup de pied dans l’entrejambe d’un garde du corps d’un ministre est devenue un des symboles des manifestations au Liban.

 

“Le temps est révolu où nos parents s’inquiétaient pour nous, exilés. Désormais c’est nous qui avons peur pour nos parents restés au pays.”

Au Liban, le taux de chômage chez les jeunes atteint près de 40%. En raison de la situation économique, de plus en plus de jeunes diplômés quittent le Liban et vont vivre à l’étranger. 

Anonyme

“Moi et tous mes camarades sommes avec vous. Arrachez nos droits à ces voleurs. Nous n’avons pas voté et nous ne pouvons manifester mais nos cœurs sont avec vous. Nous sommes unis et nous n’entraverons pas votre chemin. Nous ne faisons que veiller à la protection des biens publics. Oui à la révolution et au renversement du régime et de la présidence corrompue...”

Cette lettre anonyme est signée par un soldat de l’armée libanaise. Elle a fait le tour des réseaux sociaux. 

Facebook - البلد بساع الكل‎

Le racisme est un mal absolu.

Beyrouth, 20 octobre. Au premier jour des manifestations au Liban, jeudi 17 octobre au soir, deux ouvriers syriens sont décédés asphyxiés par un incendie qui s’est déclaré dans un immeuble près de la mosquée Mohammad el-Amine, dans le centre-ville de Beyrouth. Depuis le début de la guerre civile syrienne, environ un million de réfugiés syriens sont entrés au Liban, ce qui représente un quart de la population. Les tensions sont vives entre la population libanaise et ces personnes ayant fui la guerre, et sont exacerbées par la situation économique.

Facebook - لبنان ينتفض

“Nous vous aimons, s’il vous plaît cessez le racisme contre nous, Syriens à Tripoli”

Photo prise à Tripoli, le 19 octobre. Des réfugiés syriens avaient laissé des bouteilles d’eau et des chocolats pour les manifestants pour marquer leur soutien au mouvement de contestation.

Whatsapp

“À nos frères dans les camps palestiniens: nous vous demandons pardon pour le traitement raciste de notre gouvernement à votre égard.”

Beyrouth, 18 octobre, devant le Grand Sérail, siège du conseil des ministres. Le Liban accueille depuis 1948 environ 400.000 réfugiés palestiniens qui sont privés de plusieurs droits fondamentaux, notamment en ce qui concerne l’emploi, l’éducation, la justice et la santé. 

Facebook

 “Taxe ta mère, taxe sa mère”

Paris, le 20 octobre. Les manifestations ont été provoquées par l’annonce de nouvelles taxes par le gouvernement, notamment sur les appels à travers les applications de communication comme Whatsapp. Ce slogan est un jeu de mot faisant référence à une injure libanaise très commune.

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“Aoun revient”

Paris, le 20 octobre. Cette pancarte reprend un slogan populaire au Liban sous l’occupation syrienne après la guerre civile. Les partisans du général Michel Aoun espéraient son retour au Liban alors qu’il était réfugié en France. En 2005, l’armée syrienne quitte le Liban et Aoun rentre et sera élu président de la République en 2016. Les Libanais de Paris l’enjoignent à s’exiler à nouveau.

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