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22/02/2019 13h:41 CET | Actualisé 22/02/2019 13h:41 CET

Les Indépendants doivent s'unir ou qu'ils aillent au diable

Ce qui pose réellement problème, ce sont les élections législatives à un seul tour. C’est là le vrai danger que beaucoup hélas, n’arrivent pas encore, oui encore, à comprendre.

NurPhoto via Getty Images

L’ARP, n’a pas encore abouti à un compromis concernant la question du seuil des 5% relatif aux prochaines élections législatives, et c’est tant mieux. On espère que la magouille de certains pour s’accaparer le pouvoir ne passera pas. On doit revenir hélas, au mode de scrutin de 2011. Ce n’est pas ce que nous avons toujours défendu, mais dans la situation actuelle, c’est un moindre mal, et j’expliquerais pourquoi.

Notre association Soumoud, désormais membre du Collectif des Initiatives Citoyennes “Ncharek”, lutte depuis 2013 pour la modification du mode de scrutin et pour que les indépendants se lancent dans toutes les joutes électorales.

Nous continuons dans cette perspective, la seule à notre avis qui pourrait remettre le pays dans les rails du vrai processus révolutionnaire et démocratique.

Nous avons mené campagne pour le changement du mode de scrutin. On le voulait, et on le veut encore et il sera inscrit dans notre programme. Pour nous, il doit être majoritaire à deux tours, binominal ou par listes. On était seuls. Très seuls. On n’a pas pu imposer notre vision des choses. Et c’est tant mieux si aujourd’hui toutes les bonnes volontés mènent actuellement campagne pour faire barrage à cela.

Sauf que le problème, et on le redit encore, n’est pas le seuil des 5% en lui-même. Toutefois on ne doit pas le laisser passer. Et c’est tant mieux. Ce qui pose réellement problème, ce sont les élections législatives à un seul tour. C’est là le vrai danger que beaucoup hélas, n’arrivent pas encore, oui encore, à comprendre.

Face à la division dans les rangs des démocrates et des progressistes, qu’on fasse des élections à deux tours ou à 40 tours, les islamistes, plus organisés, seront toujours premiers.

A un seul tour ils ramassent la mise. A deux tours on les lamine, car dans la réalité ils ne pèsent guère, et je suis optimiste, plus de 20% du corps électoral. Et c’est cela la tare principale du mode de scrutin actuel. Il permet à un parti nullement majoritaire de gouverner le pays. Avant le deuxième tour, les démocrates progressistes seront dans l’obligation de se parler, de fusionner ou de s’unir et de fait, s’engager sur des programmes sérieux et non se faire des mamours pour leurs beaux yeux. Là est l’intérêt premier d’un scrutin à deux tours.

Regardez aujourd’hui ce qui se passe au Parlement. Éparpillement, invectives, tourisme politique puisqu’il n’y a pas eu au préalable un programme qui uni et oblige tout le monde. Personne ne doit rien à personne et personne ne veut donc assumer la responsabilité de la détresse dans laquelle notre pays se trouve actuellement. Y compris ennahdha, qui pourtant gouverne !

Un scrutin à deux tours donnera inéluctablement l’avantage aux démocrates progressistes (partis ou indépendants) majoritaires dans le pays et donc, ramènera enfin la stabilité à notre pays avec un gouvernement qui gouverne et assume et une opposition qui s’oppose et propose.

J’ai écrit cet article à la mémoire de notre frère et camarade, l’avocat Slim Hajeri qui nous a quittés le 8 février dernier. De lui, j’emprunte le titre alors que ces derniers temps je n’avais le goût à rien. Il disait toujours, « les Indépendants doivent s’unir ou qu’ils aillent au diable”. C’est notre devise.

Mais que ce soit clair. Comme décidé avec certain(e)s ami(e)s du Collectif, on sera de simples soldats de l’ombre. On ne se présentera pas. Sauver la Tunisie est notre seul objectif.

Ceux que nous aimons et qui nous ont quittés, ne sont plus là où on les a connus, mais ils sont désormais et pour toujours là où nous sommes.

Paix à ton âme Slim Hajeri. On poursuivra ton combat.

 

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