ALGÉRIE
27/07/2019 13h:47 CET | Actualisé 27/07/2019 13h:48 CET

Les forêts de Bouira proies d'incendies dévastateurs

APS

Plusieurs hectares de forêts et des dizaines espèces animales ont été décimés par les flammes à Tikjda et à Tala Rana dans la wilaya de Bouira.

Les forêts du massif du Djurdjura sont depuis quelques jours la proie d’incendies dévastateurs qu’on ne parvient toujours pas à maitriser faute de moyens et d’inaccessibilités mais aussi d’un réel travail de prévention. 

Plusieurs dizaines d’hectares de forêts, de broussailles et de chênes sont parties en fumée notamment à Tala Rana, sur les hauteurs de la commune de Saharidj dans l’Est de Bouira, ainsi qu’à Tikjda, où plusieurs singes magot et autres espèces animales ont péri calcinés par les flammes, rapporte l’agence de presseAlgérienne (APS).

“Les feux se sont déclarés depuis deux jours dans la station climatique de Tikjda et les opérations d’intervention des services des forêts sont toujours en cours”, a expliqué à l’APS Messaoud Chaoui, responsable à la Conservation des forêts de la wilaya de Bouira.

La situation s’est amplifiée depuis quelques jours en raison de la hausse des températures et des vents qui sévissent dans cette région montagneuse, ce qui soulève chaque jour les inquiétudes des habitants des villages environnants .

“Les flammes ont failli nous dévorer, n’était-ce notre mobilisation et le soutien des services de la Protection civile», a confié un citoyen de la commune d’Amoar (Nord-est de Bouira).

Dans cette municipalité rurale et forestière, les flammes ont ravagé plusieurs hectares de végétation ainsi que des animaux, dont des tortues, des lièvres, des sangliers ainsi que des bovins. Les dégâts auraient été plus lourds n’était-ce l’intervention rapide de la colonne mobile de la protection civile qui, près de sept heures plus tard, ont pu maîtriser la situation en éteignant les flammes.

Les incendies, qui se sont déclarés ces deux derniers jours dans ces régions montagneuses de la wilaya de Bouira, ont causé des dégâts jugés importants, dont le nombre a augmenté par rapport aux années précédentes, selon la Protection civile. Depuis juin dernier, plus de 400 feux de forêts ont été enregistrés jusqu’au 20 juillet en cours, selon un bilan communiqué mercredi par la direction de la Protection civile de Bouira.

Le manque de pistes d’accès et d’eau complique la tâche des sapeurs pompiers

La majorité des incendies enregistrés cette semaine étaient survenus dans des zones forestières et montagneuses inaccessibles aux brigades mobiles de la protection civile mobilisées sur le terrain. “Nos équipes d’intervention sont sur le terrain pour éteindre les feux malgré le manque de pistes d’accès et d’eau, et la colonne mobile est déployée au quotidien pour parer à tout sinistre”, avait expliqué le chargé de la communication de la Protection civile, le sous-lieutenant Abdat Youcef.

A Aguouillal, un patelin situé à l’extrême nord de la commune d’El Adjiba (Est de Bouira), les flammes ont failli détruire tout le couvert végétal ainsi que des zones d’habitations. Les équipes des sapeurs pompiers dépêchés sur les lieux avaient trouvé du mal à accéder à cette zone en raison du manque de piste d’accès ainsi que l’absence d’eau.

Les brigades de la protection civile ont été contraintes à demander l’aide des habitants du village Aguouillal pour les approvisionner en eau afin qu’elles puissent continuer à éteindre le feux, qui a ravagé plus de 10 hectares de broussailles et de forêts, ainsi que des dizaines d’arbres fruitiers.

Des spécialistes en couvert végétal ont fait remarquer que les feux de forêts se concentre surtout dans les wilayas littorales du nord-est algérien, de Tizi Ouzou à El Tarf. Une géographie correspondant à des wilayas très boisées et accidentées, avec une forte densité de population et un manque de terres pour l’urbanisation. 

Les scientifiques relèvent aussi que les statistiques officielles algériennes admettent que 80 % des causes sont inconnues et, pour les 20 % restants, elles tendent à proposer des interprétations comme “l’origine naturelle” du phénomène ou bien “les conditions climatiques”.

On relève aussi que l’Etat s’est toujours concentré sur la lutte contre les feux de forêts sans jamais faire le travail en amont de la prévention. Les moyens de lutt reste toutefois insuffisant. D’où l’importance d’une amélioration supplémentaire des moyens techniques et une meilleure répartition de l’effort d’aménagement et d’équipement pourraient contribuer à réduire encore les bilans des surfaces incendiées.