ALGÉRIE
08/10/2019 13h:51 CET | Actualisé 08/10/2019 15h:51 CET

La 33e marche des étudiants réprimée, des dizaines d'interpellations

STRINGER via Getty Images
Algerian police officers clash with protesters during an anti-government demonstration in the capital Algiers on October 8, 2019. - Demonstrators gathered in the capital, the epicentre of Algeria's protest movement that forced longtime president Abdelaziz Bouteflika to step down in April. (Photo by STRINGER / AFP) (Photo by STRINGER/AFP via Getty Images)

Les forces de l’ordre ont violemment réprimé la 33e manifestation des étudiants, aujourd’hui 08 octobre 2019, à Alger. Encerclés à la rue Larbi Ben M’hidi, les manifestants, étudiants, personnes âgées et jeunes filles, ont été tabassées et bousculées. Des dizaines d’interpellations ont été opérées. 

Les étudiants ont buté sur un cordon des forces de l’ordre à peine quelques minutes après le début de la marche, à la sortie de la rue Bab Azzoun. Au square Port Saïd, des policiers ont procédé à des dizaine d’interpellations. Le cordon, composé des éléments anti-émeutes a chargé les premières lignes pour repousser la foule mais celle-ci a réussi à contourner le dispositif pour reprendre son parcours.  

Cela ne faisait que commencer. A la Place de l’Emir Abdelkader, les étudiants ont découvert un autre cordon, moins consistant. Les forces de l’ordre ont été instruites de ne pas laisser les étudiants avancer plus loin que la rue Larbi Ben M’Hidi. 

Déterminés à poursuivre leur marche, les étudiants ont forcé le premier cordon pour accéder à la rue Larbi Ben M’Hidi. Des personnes plus âgées avaient devancé la foule pour les protéger des arrestations. La traque venait de commencer. 

Vers le début de la rue Pasteur, un autre cordon, cette fois-ci plus impressionnant, bloquait la route. Les étudiants, après s’être rassemblés  quelques minutes face aux forces de l’ordre, scandant “nous sommes des étudiants, pas des terroristes”, ont vite rebroussé chemin. Ils ont forcé un cordon plus léger pour descendre vers la rampe de Ben Boulaid, que les forces de l’ordre ont vite bloqué en alignant leurs fourgons. 

Obligés de revenir plus haut, à la rue Larbi Ben M’hidi, les étudiants se sont ainsi retrouvés coincés entre deux groupes de policiers. Ces derniers ont alors commencé une véritable répression.

Tandis que certains chargeaient violemment les étudiants et les bousculaient, d’autres profitaient de la confusion pour effectuer des interpellations, souvent violentes. Les policiers obligeaient les étudiants à reculer vers la Place de l’Emir Abdelkader, provoquant plusieurs bousculades entre les véhicules et sur les trottoirs. Un autre cordon exerçait la même pression sur les protestataires de l’autre côté. 

Plusieurs personnes, des étudiants et des personnes âgées, ont été blessées. Des étudiantes, les larmes aux yeux, ont affirmé avoir été tabassées. Une autre s’est évanouie suite à une bousculade.

Les étudiants ont par la suite pu trouver un peu de “répit” à la Place Emir Abdelkader. Ils se sont rassemblés sur les escaliers du monument pour scander leur refus des élections du 12 décembre, tout en dénonçant la répression qui s’est abattue sur eux. 

Le rassemblement a vite été dispersé suite par une nouvelle charge des policiers. La foule a ainsi été divisée en plusieurs groupes autour de la Place Emir, qui scandaient, chacune de son côté, des slogans hostiles à Gaid Salah et les forces de l’ordre tout en résistant aux pressions de celles-ci. Plusieurs interpellations, sur des personnes âgées, ont été effectuées. 

Une situation qui a suscité la colère de plusieurs passants qui rejoignaient le rassemblement, en solidarité avec les manifestants. Des femmes, rassemblées devant le même monument, sont restées mobilisées, exprimant leur soutien aux manifestants. 

Les étudiants, entre-temps, avaient rejoint la faculté centrale, où ils ont également tenu à faire un sit-in. 

Le Comité national pour la Libération des détenus a publié une première liste des étudiants interpellés par les forces de l’ordre.