ALGÉRIE
20/09/2018 11h:58 CET | Actualisé 20/09/2018 12h:01 CET

"Les finances de la CNAS sont équilibrées mais le système de sécurité sociale doit être revu" (Tidjani-Hassan Haddam)

Le déficit de la Caisse nationale des retraites (CNR) s’élevait en 2018 à 580 milliards DA, et la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) a dû voler à son secours entre 2015 et 2017 pour qu’elle puisse verser leurs pensions aux retraités. La CNR explique la forte dégradation de ses finances à partir de 2014 par le départ massif à la retraite avant l'âge légal (60 ans) de plus d'un million de personnes.

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Le système de sécurité sociale algérien doit être appréhendé dans sa globalité, a estimé hier, sur les ondes de la radio nationale publique Chaîne 3 (francophone), le directeur de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS, salariés), Tidjani-Hassan Haddam. Il a précisé que la situation financière de celle-ci était équilibrée et qu’avec 1.000 milliards de dinars de recouvrements, elle parvient à faire face à ses dépenses (52% pour les retraites, 42% pour les assurances sociales et le reste pour l’assurance-chômage et le Fonds national de péréquation des œuvres sociales). 

 

Besoin de « ressources additionnelles »

Selon Tidjani-Hassan Haddam, le système algérien de sécurité sociale est « déséquilibré » parce que - entre autres raisons - il compte deux cotisants pour un retraité. Il a rappelé qu’entre 2015 et 2017, la CNAS avait dû voler au secours de la Caisse nationale des retraites (CNR) afin de « pérenniser les pensions des retraités ».

Le directeur de la CNAS a estimé que partout dans le monde, les caisses de sécurité sociale financées grâce aux seules cotisations connaissent des situations de déficit financier. Il a plaidé pour que le système de sécurité sociale algérien ait des sources de financement « additionnelles ». Il n’a pas, toutefois, précisé quelles pourraient être ces sources et a exclu tout recul sur la gratuité des soins dans les hôpitaux publics.

 

La CNR a souffert des départs massifs à la retraite avant 60 ans

En août 2018, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali, avait déclaré que la CNR accusait un déficit de 580 milliards DA et que dans ces conditions, il était « inconcevable » de revenir aux départs à la retraite à moins de 60 ans. Il avait rappelé que le tiers des 3,2 millions de retraités sont âgés de moins de 60 ans, ce qui représente, selon lui, « presque la masse monétaire du déficit de la CNR ».

La CNR explique la forte dégradation de sa situation financière à partir de 2014 principalement par le départ massif à la retraite avant l’âge légal (60 ans) de plus d’un million de personnes. Le soutien financier que la CNAS lui a accordé a été partiellement remboursé à cette dernière en 2018 sur le budget de l’Etat (500 milliards de dinars).

Pour rappel, le système algérien de sécurité sociale pour les salariés comprend, outre la CNAS et la CNR, une Caisse nationale de l’assurance-chômage (CNAC). Il est sous tutelle du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.