TUNISIE
05/10/2018 17h:08 CET

Les femmes ont-elles une place dans le secteur de la sécurité? Une étude d'Aswat Nissa y répond

Contrairement aux idées reçues, les Tunisiens ne sont pas contre la présence des femmes dans le secteur de la sécurité.

FETHI BELAID via Getty Images

En partenariat avec ONU Femmes, l’association Aswat Nissa a réalisé une étude de terrain intitulée “Femmes et sécurité globale: Vers une réforme sensible au genre du secteur de la sécurité en Tunisie”, menée par plus de 40 femmes issues de différents partis politiques et de différentes régions de la Tunisie.

Cette étude est un prélude au lancement d’un réseau de députés ambassadrices de l’agenda Femmes, paix et sécurité, concrétisant la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU visant la promotion du rôle de la femme dans le maintien de la paix et de la sécurité.

L’étude d’Aswat Nissa explique que, contrairement aux idées reçues, les Tunisiens ne sont pas contre la présence des femmes dans le secteur de la sécurité: 56% pensent que cette présence est nécessaire, 29% estiment qu’elle est préférable et 14% s’y opposent. 60% affirment que les femmes de sécurité ont les même atouts que les hommes. Et 75% sont favorables à la présence de femmes dans des hauts postes aux ministères de l’Intérieur et de la Défense.

Aswat Nissa
Aswat Nissa
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L’étude rend compte également de la perception de la sécurité chez les personnes interrogées: 62% des hommes disent se sentir en sécurité dans leur quartier, 43% des femmes disent le contraire. 65% affirment ne pas se sentir en sécurité dans les transports publics contre 52% des hommes. 

Concernant la confiance dans l’appareil sécuritaire, les hommes comme les femmes avancent qu’ils n’ont pas confiance dans l’appareil sécuritaire (55.4% pour les hommes contre 53.5% pour les femmes).

Ce manque de confiance explique le fait que 59% des sondés ne portent pas plainte parce qu’ils n’ont pas confiance dans les forces de sécurité, 15% ne le font pas parce qu’ils n’ont pas de moyens financiers et 26% parce qu’ils ne connaissent pas les procédures à suivre.

Pourtant en cas d’agression, 42.5% disent se diriger vers un poste de police, 20% vers des associations, 27% vers les réseaux sociaux et 9% vers les médias.

Aswat Nissa
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À l’aune de cette étude, Aswat Nissa adresse un ensemble de recommandations à la classe politique pour renforcer la présence féminine dans les hauts postes de sécurité. L’ONG interpelle également le secteur sécuritaire pour intégrer l’approche genre dans les formations et dans l’exercice des forces de sécurité, renforcer la présence sur le terrain des femmes agents de sécurité, ou encore créer une police féminine de proximité. 

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