ALGÉRIE
22/03/2019 12h:41 CET

Les familles des victimes du terrorisme et des disparus à la Grande poste

Ce 21 mars est la journée nationale en mémoire des victimes du terrorisme.

Huffpost Algérie

C’est le cinquième vendredi de manifestations pacifiques à Alger ce 22 mars. C’est également la journée nationale contre l’oubli des victimes de terrorisme. Pour marquer cette date importante plusieurs familles de victimes de terrorisme ont tenu un sit-in à la Grande Poste d’Alger.

Soumia Belkhanchir, est la fille du Pr; Belkhanchir assassiné en octobre 93. Elle est venue spécialement ce vendredi 22 mars de France, là où elle vit pour participer au soulèvement populaire auprès du peuple et surtout pour se joindre aux familles des victimes du terrorisme en cette journée nationale contre l’oubli.

“Nous sommes là aujourd’hui à la mémoire de ceux qu’on a perdus dans une Algérie complètement divisé c’est un scénario qu’on ne veut pas voir se répéter. L’Algérie de demain c’est celle qu’on voit aujourd’hui, jeunes et moins jeunes dans la rue à revendiquer leurs droits”, souligne Soumia.

Cette Algérie de demain elle espère qu’elle permettra aux familles des victimes du terrorisme de parler librement de cette tragédie qui les a touché et de faire enfin leur deuil.

“La loi de la réconciliation nationale nous a imposé le silence. On ne peut pas parler de ceux qu’on a perdus, ni se rassembler en leur mémoire. Ce déni imposé de la vérité nous a fait beaucoup de mal. On espère que parmi les changements qui seront initiés la possibilité de se souvenir de nos morts”, ajoute-t-elle.

Soumia est membre de l’association “Adjouad” pour la mémoire des victimes du terrorisme. Elle explique que l’association travaille depuis des années à rassembler les noms des victimes du terrorisme. “Un jour peut-être on pourra inscrire ces noms sur un mur à Alger” confie-t-elle.

Fatima Zohra est la maman de Boucherf Riad. Son fils a disparu à l’âge de 20 ans en juillet 1995 après son arrestation par des policiers. Depuis des années cette mère a fait des pieds et des mains pour le retrouver et prouver l’innocence de son fils.

Sa présence au rassemblement d’aujourd’hui lui apporte une petite consolation. “Quand mon fils a disparu il avait l’âge de ces jeunes, je suis fière aujourd’hui de voir à quel point cette nouvelle génération tient à son pays, je leur souhaite des jours meilleurs”, confit cette mère.