MAROC
24/04/2019 13h:48 CET

Les familles des détenus du Hirak annoncent la tenue d'un sit-in devant la DGPAR

Et lancent un SOS pour sauver la vie des grévistes de la faim.

- via Getty Images

HIRAK - “Nous avons reçu des nouvelles inquiétantes”. Les familles des détenus du Hirak craignent pour la vie de leurs fils en grève de la faim. Par la voix de leur association “Thafra lil Wafae wa Attadamoun” (“La paix pour la loyauté et la solidarité”), elles ont publié un communiqué dans lequel elles qualifient l’état de santé des grévistes de la faim de “désastreux”, précisant que les détenus concernés se trouvent dans les prisons de Tanger 2, Ras El Ma à Fès et Selouane à Nador. Elles citent, en particulier, Rabie Al Ablaq, Mohamed Al Asrihi, Karim Amghar et Ibrahim Abqaoui, estimant que ces derniers courent un réel danger de mort.    

Pour elles, ne pas réagir équivaut à les condamner à une mort certaine. Raison pour laquelle les familles des grévistes de la faim trouvent légitime de lancer un appel au secours en entamant des démarches protestataires “sans précédent”, signalent-elles dans ce communiqué. Et d’annoncer que leur première démarche sera d’observer un sit-in vendredi 26 avril à 10h devant le siège de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR). Ces familles préviennent qu’elles ne baisseront pas les bras, appelant “les consciences vives et les militants à les soutenir pour sauver la vie des détenus”.

 L’Association marocaine des droits humains (AMDH), de son côté, a adressé une lettre ouverte au chef du gouvernement, au ministre d’État chargé des Droits de l’Homme et au délégué général de l’administration pénitentiaire. Datée d’hier, 23 avril, cette lettre porte essentiellement sur le détenu Rabie Al Ablaq (prison Tanger 2) qui, d’après l’AMDH, serait “entre la vie et la mort”. “Il est sous votre responsabilité, sauvez-le”, lance l’association aux destinataires de sa lettre, précisant que le détenu en question “est en grève de la faim depuis plus d’un mois”.

L’association appelle ces responsables à “intervenir d’urgence auprès de services concernés pour le transférer au plus vite dans un hôpital et lui apporter les secours nécessaires”. Dans cet appel, elle brandit le droit international et la constitution marocaine en citant son article 20: “le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit”.

Un autre écrit sur le même sujet a été adressé sous forme de “question écrite” au chef du gouvernement par le député de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), Mostapha Chanaoui. Ce dernier l’a partagée sur sa page Facebook.

Dans sa question, le député se montre virulent à l’égard du chef du gouvernement qu’il accuse “d’inertie” face à “la détérioration de l’état de santé d’Al Ablaq”, mettant en garde contre “une catastrophe imminente”. “Je ressens une douleur et une profonde tristesse face à cette indifférence envers la souffrance des détenus et leur vie”, écrit Chanaoui, exprimant son inquiétude quant à ce qu’il qualifie d”’absence d’humanisme et de responsabilité”.

Le député porte la voix des détenus et de leurs familles insistant sur la légitimité des revendications des manifestants d’Al Hoceïma. Chanaoui regrette ainsi que les détenus aient fait l’objet d’un “verdict inique” et appelle le chef du gouvernement à abandonner “l’approche sécuritaire” dans la gestion de ce dossier. 

En plus d’une intervention urgente pour sauver la vie des détenus grévistes de la faim, ce député rappelle au chef du gouvernement que la FDG avait déposé, l’an dernier, une proposition de loi portant amnistie de tous les détenus liés au Hirak. Pour Chanaoui, le temps est venu de donner suite à cette demande en “libérant les détenus”.