MAROC
25/05/2018 19h:11 CET | Actualisé 25/05/2018 23h:25 CET

Les examens du baccalauréat seront cette année adaptés aux jeunes handicapés

Un pas en avant, mais des efforts encore à faire, du point de vue des associations.

AIC PRESS

ÉDUCATION - L’annonce officielle a été faite par le ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique le jeudi 24 mai. “Les étudiants soufrants de handicap mentaux, d’autisme, ainsi que d’handicap physiques verront leurs épreuves du baccalauréat adapté”, explique le ministère dans un communiqué repris par la MAP.

Parmi les dispositions mises en place, ces jeunes candidats pourront “passer des examens spécifiques basés sur les cadres de référence des matières scolaires de l’examen régional et national du Baccalauréat, du type vrai/faux, du choix multiple et des questions à courtes réponses...”.

Autre dispositions mises en place, ils pourront bénéficier de 1/3 du temps supplémentaire pour compléter leurs épreuves, et auront le droit d’être assisté d’un accompagnant. 

Un premier pas en avant

Une directive qui est déjà “un premier pas” pour Sabah Zammama, présidente de l’Union nationale des associations oeuvrant dans le domaine du handicap mental au Maroc (UNAHM), pour qui les dispositions pour les jeunes handicapés évoluent “doucement”. “Mais au moins, ça évolue”, dit-elle au HuffPost Maroc.

Le texte fait suite à plusieurs rencontre entre le ministère et un groupe d’associations oeuvrant pour le lutte des droits des personnes handicapées ayant formulé ses recommandations. 

Cependant pour la président de l’UNHAM il manque quelques “précisions” à ce texte, notamment concernant les jeunes souffrant de difficultés d’apprentissage: “malheureusement, l’administration a tendance à appliquer les directives à la lettre et cela risque de porter préjudice à certains enfants”. La militante espère des précisions futures du ministère considérant qu’il s’agit plus d’un “oubli” que d’une omission. “Il y a une volonté de bien faire”, reconnait-elle.

Inquiétude des parents d’élèves dyslexiques

Cependant le texte inquiète les parents d’élèves souffrant de dyslexie, un trouble de la lecture. L’omission risque d’exclure ces jeunes de ces nouvelles directives. C’est ce qu’explique au HuffPost Maroc Karima Mazigh, membre de l’Association Marocaine de Dyslexie, et membre du comité national de concertation de promotion et de défense du droit à l’éducation inclusive. Pour cette dernière, si le texte est certes un premier pas, il ne précise à aucun moment qu’il concerne aussi les jeunes atteints de dyslexie. “Quand un agent de l’administration reçoit une directive, il doit l’appliquer mot pour mot, et cela peut mettre en péril les examens de ces enfants”.

L’omission prive ainsi ces jeunes d’une autre disposition primordiale, la possibilité d’avoir un accompagnant: “Les jeunes dyslexiques ont une mémoire auditive plus que visuel, il est donc indispensable que les épreuves soient adaptées mais aussi qu’ils aient un accompagnant à leurs côtés pour les aider à, par exemple, lire les consignes de l’examen”. Karima Mazigh espère  des précisions prochaines du ministère en vue d’aider ces familles à sortir de cet imbroglio. 

Un chemin encore long

Face à ces craintes, le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi a fini par préciser ce 25 mai, à l’occasion de son point de presse, que cette formule concernera également les jeunes souffrant de “troubles d’apprentissages”. 

Du côté de l’UNHAM, si l’on se réjouit de ce premier pas en avant, ces derniers s’inquiètent de voir les portes de l’éducation supérieure encore fermées pour de nombreux jeunes handicapés. “Les examens d’entrée à l’éducation supérieure ne sont toujours pas adaptés à ces jeunes, que ce soit dans les universités ou dans les grandes écoles”, se désole Sabah Zammama. Un nouveau combat en perspective à mener.