ALGÉRIE
09/04/2019 13h:45 CET

Les étudiants reprennent la manifestation et exigent une "transition par le peuple"

Manifestation des étudiants ce 9 avril à Alger.

Huffpost Algérie

Le mois de “vacances forcées” imposé aux étudiants par l’ancien ministre de l’enseignement supérieur Tahar Hadjar, n’a pas détourné les étudiants de leur implication dans le mouvement populaire pour destituer le régime en place. Venus de plusieurs universités, ils ont manifesté, aujourd’hui, à Alger-centre, revendiquant entre autres “une transition par le peuple”.

 

Huffpost Algérie

Les étudiants ont repris les cours ce dimanche 7 avril. Le premier jour de la reprise a été marqué par plusieurs assemblées au sein des facultés pour décider de poursuivre les manifestations. Et comme ils ont pris l’habitude depuis le 26 février dernier, les étudiants des différentes universités d’Alger sont venus manifester aussi ce 9 avril.

“Nous avons décidé de faire grève d’une semaine pour contester la décision de nommer Bensalah président par intérim. Cette décision a été prise après un sondage au sein de notre université à l’école Polytechnique d’Architecture. Une assemblée est prévue ce jeudi pour décider de prolonger ou pas la grève. Quant aux manifestations du mardi elles sont maintenues”, précise une étudiante de l’EPAU.

Parmi les slogans brandis par les étudiants ce mardi “la souveraineté par le peuple”, “une transition par le peuple”, “le peuple est le maître de la transition et c’est à lui de décider”, des messages qui traduisent le refus des étudiants des dirigeants actuels.

La nomination de Abdelkader Bensalah chef d’État par intérim, a suscité la colère des étudiants dont certains ont voulu aller au Parlement. Raisonnés par leurs camarades, ces derniers ont abandonné l’idée afin de préserver le caractère pacifique de la manifestation.

Pour exprimer ce refus ils scandaient ”étudiants conscients on refuse Bensalah Président”. Le Premier ministre Noureddine Bedoui et le président du conseil constitutionnel Tayeb Belaiz ont également eu leur lot de slogans hostiles à leur maintien à leurs postes.

 

Les étudiants ne baissent pas le ton. “C’est un état de traître” et ils doivent partir tous”, scandent-ils encore. Ils réfutent également l’implication de la France dans cette période délicate par laquelle passe le pays. Un étudiant scandait “De Gaulle prend tes fils, ce pays est le mien, pas le tien”.

La manifestation des étudiants de ce mardi 9 avril, a également été marquée par une forte mobilisation des policiers. Les étudiants ont entamé une marche de la Grande Poste vers le tunnel des facultés dans le but de se rassembler, comme d’habitude, à Place Maurice-Audin. Arrivé aux abords du tunnel, un bouclier policier leur a barré le chemin. Certains sont restés sur place pour tenter de dépasser les policiers, d’autres ont rebroussé chemin vers la grande poste et un troisième groupe a occupé la rue Didouche Mourad. Les policiers ont dispersé les étudiants à plusieurs reprises avec du gaz lacrymogène et les canons à eau.