ALGÉRIE
11/06/2019 13h:43 CET

Les étudiants battent le pavé un 16e mardi pour rejeter le "dialogue avec le pouvoir"

RYAD KRAMDI via Getty Images

Les étudiants rejettent à leur tour le dialogue auquel appelle le pouvoir. Ils ont manifesté un 16e mardi consécutif dans plusieurs autres villes, dont Alger, pour répondre au dernier discours du chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah. “Pas de dialogue avec le gang”, affirment-ils.

A Alger, les étudiants ont commencé à se rassembler à la Place des Martyrs. Une première depuis le début du mouvement de protestation. Le coup d’envoi de la marche a été donné peu après 10H.

Brandissant leurs pancartes et leurs banderoles, les étudiants se sont dirigés vers la Place Audin en passant par le square Port Said, les rues Ali Boumendjel, Larbi Ben M’Hidi, Pasteur, Abdelkrim Khettabi, avant d’emprunter le boulevard Amirouche puis la rue Richelieu.

Lors de cette marche, les manifestants ont exprimé leur rejet du dialogue auquel a appelé Abdelkader Bensalah. Ils scandaient, comme à leur habitude, des slogans hostiles à Nourreddine Bedoui, Premier ministre, Gaid Salah, vice-ministre de la Défense, sans omettre le reste du gouvernement. 

Ils scandaient également “pas de dialogue avec le gang”, en réponse à l’appel du pouvoir en place aux Algériens. “L’histoire de ce pouvoir lui-même nous a prouvé maintes fois qu’ils ne sont pas ouverts au dialogue. Nous ne désirons pas dialoguer. Nous n’avons pas des revendications. Il ne s’agit pas d’une grève pour parler de revendications mais de révolution. Nous souhaitons le départ du pouvoir en place”, affirme Sami, étudiant.

Les étudiants ont maintes fois évité d’entrer en contact avec les cordons de police déployés à la rue Abane Ramdane, à la rue Pasteur ou à la Grande-Poste.

Ils n’ont pas manqué de faire part de leur détermination à ne pas cesser leur mouvement. “Dites aux voleurs que nous nous arrêterons pas”, scandaient-ils, ou encore “Ce sera vous ou nous, nous nous arrêterons pas”.

Après avoir occupé la Place Audin, les étudiants se sont dirigés à la Grande-Poste pour y tenir un rassemblement. 

Les étudiants des autres villes ont également marché pour faire part de leur rejet du dialogue, notamment à Bouira, Béjaia, Tizi Ouzou et Constantine.